Les accords de durabilité : un juste prix pour les vins de l’IGP Pays d’Oc
Mis en place en 2025, les accords de durabilité au sein de l’IGP Pays d’Oc ont permis d’établir un tunnel de prix respecté, entraînant une amélioration de la rémunération des vignerons. Cette première année s’annonce prometteuse.
Le secteur agricole, particulièrement affecté par le changement climatique et l’inflation des matières premières, fait face à un enjeu majeur : garantir un revenu décent aux producteurs. La récente loi d’urgence agricole permet l’établissement de tunnels de prix, mais l’IGP Pays d’Oc a anticipé cette évolution dès 2025 en adoptant un système similaire.
95 % de vins bios ou en biodynamie
Fabien Castelbou, président des vignerons coopérateurs d’Occitanie, souligne la nécessité de cette initiative : « Devant la hausse de nos charges depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, c’était une nécessité. Les nouveaux textes européens nous autorisaient à parler de prix dans l’interprofession par le biais de cet accord de durabilité, notamment pour les filières bio et HVE. » Actuellement, 95 % de la production de l’IGP est sous label environnemental, visant à préserver l’aspect économique et écologique des vins et à éviter que des producteurs ne se détournent de ces labels par manque de rentabilité.
Six cépages phares concernés
Des commissions mixtes, composées de producteurs et de metteurs en marché, ont analysé les coûts pour établir un tunnel de prix qui inclut une fourchette basse et une fourchette haute pour six cépages clés : chardonnay et sauvignon en blanc, grenache et cinsault en rosé, merlot et cabernet sauvignon en rouge. Ces cépages représentent 3,5 millions d’hectolitres par an, soit environ 10 % de la production française.
Les résultats de cette première année sont encourageants, avec une diminution des ventes dans les tranches de prix basses et une augmentation dans les tranches hautes. Fabien Castelbou se réjouit : « Cette avancée permet à davantage de vignerons de bénéficier d’un prix de vente qui leur permet de vivre. Les metteurs en marché se sont impliqués. Nous allons poursuivre l’expérience l’année prochaine pour aller au terme de cet accord de deux ans, en partant sur la même fourchette de prix. »
Intégrer désormais la grande distribution
L’accord pourra être renouvelé pour deux ans ou plus, avec l’objectif d’y inclure la Grande Distribution, qui représente 33 % des ventes de l’IGP. Castelbou insiste : « Il faut que le message passe sur toute la filière, y compris jusqu’au consommateur. La Grande Distribution cherche à faire baisser les prix, mais cela a des conséquences écologiques, comme l’arrachage de vignes. Quelques euros supplémentaires à l’hectolitre seraient indolores pour le client. »
Ces accords, inédits en France, ouvrent de nouvelles perspectives, selon Castelbou : « Cela ouvre la porte à des évolutions. C’est sûrement le début de quelque chose. »
Source : Midi Libre

