Les États-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier « historique »
Un accord pétrolier a été conclu ce vendredi 28 août 2026 entre les États-Unis et le Venezuela. Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump a qualifié cet accord de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », affirmant qu’il doublerait les réserves pétrolières des États-Unis. Caracas a également confirmé avoir signé cet accord, la ministre vénézuélienne de l’Énergie, Mme Rodriguez, remerciant « chaleureusement » Donald Trump dans un communiqué sur les réseaux sociaux.
Favoriser la « reconstruction de l’économie vénézuélienne »
Selon Mme Rodriguez, l’accord prévoit « de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’État » vénézuélien. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a déclaré sur X que cet accord soutiendrait des milliers d’emplois bien rémunérés et favoriserait la reconstruction de l’économie vénézuélienne, confirmant « près de 100 milliards de dollars d’investissements privés » dans le pays.
Le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils, mais sa production reste limitée. En parallèle, les stocks stratégiques américains, ou « strategic petroleum reserve » (SPR), sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Washington s’est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d’approvisionnement et la hausse des prix du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient. Selon Donald Trump, cette « transaction historique » permettra de « réduire considérablement le prix de l’essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années ». Le président américain a également affirmé que cet accord « ne coûtera rien aux contribuables américains ».
Mainmise américaine
Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump cherche à relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. Le gouvernement américain pousse les entreprises américaines à s’engager dans le pays, bien que cela suscite des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières.
Les expropriations menées par le régime vénézuélien par le passé, notamment celles touchant le géant ExxonMobil, ajoutent à la réticence des investisseurs. John Kilduff, analyste d’Again Capital, a commenté que « le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité ». Selon lui, cet accord pourrait viser à « créer une sorte de zone d’État où les entreprises américaines puissent s’implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et éliminer le risque politique » associé aux investissements au Venezuela.
Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’Université du Texas à Austin, a souligné que de nombreuses « zones d’ombre » subsistent, notamment le risque qu’un futur gouvernement vénézuélien change brutalement « les règles du jeu », remettant en cause tout accord actuel. D’après lui, les géants pétroliers « ont besoin de stabilité » pour sécuriser leurs investissements massifs.
Source : Nice Matin
