Accident dans le massif du Mont-Blanc : comment la canicule et les vagues de chaleur rendent la montagne plus dangereuse

Des conditions de fin d’été dès la mi-juillet dans le massif du Mont-Blanc

Le massif du Mont-Blanc a été le théâtre d’un tragique accident le mercredi 15 juillet, lorsqu’une chute de pierres a coûté la vie à deux alpinistes tchèques, un guide et son client, dans le couloir du Goûter, un passage particulièrement exposé de la voie normale. Les conditions rencontrées sur cette voie rappellent celles habituellement observées en fin d’été, conséquence de plusieurs vagues de chaleur depuis la fin mai.

En raison de la dégradation des glaciers, les guides italiens ont suspendu leurs ascensions commerciales par la voie normale italienne. Cependant, il n’existe pas d’interdiction générale pour l’accès au sommet côté français. L’accès à la voie du Goûter fait également l’objet de restrictions temporaires liées au démontage de l’ancien refuge, indépendamment des conditions météorologiques.

Le dégel du pergélisol fragilise le “ciment” naturel des parois

Le pergélisol, ou permafrost, désigne les sols et roches gelés pendant au moins deux années consécutives. La glace présente dans les fiss maintient les blocs rocheux en place. Lorsque la température augmente, la glace fond, élargissant les fractures et permettant aux pierres de se détacher, parfois même durant la nuit en cas d’insuffisance de regel.

Les glaciers deviennent plus instables : les crevasses s’ouvrent, les ponts de neige s’amincissent, les rimayes se disloquent et les séracs peuvent s’effondrer. À la fin juin, les professionnels avaient déjà signalé un regel presque inexistant jusqu’à 4 000 mètres, ainsi que plusieurs ruptures de ponts de neige dans le massif.

Un isotherme 0 °C encore très élevé sur les Alpes et les Pyrénées

Au début de cette semaine, les conditions météorologiques restent sèches, largement ensoleillées et anormalement chaudes en altitude. L’isotherme 0 °C est estimé autour de 4 000 à 4 300 mètres dans les Alpes du Nord, et pourrait dépasser 4 400 mètres dans les Alpes du Sud. Dans les Pyrénées, il se situe également souvent au-dessus de 4 000 mètres, avec quelques orages isolés principalement l’après-midi, faisant temporairement baisser l’isotherme à des altitudes plus basses.

Ces températures limitent fortement le regel nocturne et favorisent la fonte rapide de la neige et de la glace. Même en partant tôt, certains itinéraires rocheux ou glaciaires demeurent dangereux. Les alpinistes sont donc conseillés de reporter leurs courses lorsque les conditions sont jugées trop dégradées.

Source : La Chaine Météo.

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