À Aarau, en Suisse, le Aargauer Kunsthaus explore le dialogue entre artistes et IA à travers une exposition réunissant quatorze créateurs.
L’Aargauer Kunsthaus, musée d’art situé à Aarau, dans le canton d’Argovie en Suisse, se penche sur une révolution en marche : celle de l’intelligence artificielle (IA) dans le champ de la création artistique. Du 26 septembre 2026 au 10 janvier 2027, l’exposition intitulée « Artificial Creativity » (Créativité Artificielle) rassemblera les œuvres de quatorze artistes qui interrogent la relation mouvante entre l’humain et la machine. À travers des installations interactives, des images génératives et des modèles de langage, le parcours propose une réflexion sur la transformation des processus créatifs
Loin de l’idée d’un remplacement de la créativité humaine, l’exposition met en lumière comment l’intelligence artificielle ouvre la voie à des formes inédites de collaboration. Ces nouvelles dynamiques impliquent un écosystème complexe où interagissent les artistes, les données, les systèmes techniques, les instructions (prompts) et les algorithmes, le tout fondé sur des définitions culturelles en constante évolution de ce qu’est la créativité. L’événement présentera des travaux qui illustrent cette synergie, où l’IA devient un partenaire, un outil ou un catalyseur d’idées. Parmi les artistes exposés figurent notamment Theresa Reiwer, Monica Studer & Christoph van den Berg, Alfatih, Niculin Barandun ou encore le collectif Botto, qui explorent chacun à leur manière les potentiels de ces nouvelles technologies.
L’exposition ne se contente pas de célébrer les possibilités offertes par l’IA ; elle en examine aussi les aspects les plus troublants. Une section sera consacrée à la puissance de persuasion des contenus générés par l’intelligence artificielle, y compris ce que les spécialistes nomment les « hallucinations ». Il s’agit de résultats plausibles en apparence, mais factuellement infondés, qui peuvent néanmoins paraître très convaincants pour le public. « Artificial Creativity » explorera également la manière dont les jeux de données et les environnements d’entraînement des algorithmes influencent et orientent la production artistique, soulevant ainsi des questions sur les biais et les cadres implicites de ces systèmes.
En définitive, le propos de l’exposition est de présenter l’intelligence artificielle non pas comme une force créatrice autonome, mais comme un élément d’une interaction complexe. Le Aargauer Kunsthaus insiste sur le fait que la responsabilité finale incombe toujours aux personnes et aux institutions qui conçoivent, déploient, exposent et évaluent ces systèmes technologiques. L’artiste, le curateur et le spectateur restent les maillons essentiels d’une chaîne où la machine, aussi sophistiquée soit-elle, demeure un instrument au service d’une intention humaine.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
