À Sisco, l’oignon du Cap Corse à la fête mais sous pression climatique

À Sisco, l’oignon du Cap Corse à la fête mais sous pression climatique

Cipolla in festa a pris ses quartiers ce samedi 22 août au pied de l’église Saint-Martin de Sisco, pour sa huitième édition. Parmi la cinquantaine d’exposants présents, l’oignon emblématique du Cap Corse tient la vedette. Cette production fragile fait face aux aléas climatiques, et les producteurs cherchent à la protéger et à la valoriser face aux risques de contrefaçon.

À Sisco, l’oignon du Cap Corse attire tous les regards sur les étals de la foire. Pour les acheteurs, les idées de recettes ne manquent pas. Un participant déclare : « L’oignon c’est la base de la cuisine, vous le faites revenir dans un peu d’huile et après vous faites un ragoût, tout ce que vous voulez. Mais sans oignon, c’est pas pareil. » Une autre acheteuse, les bras chargés de trois kilos d’oignons, affirme : « Je vais les tester. Et j’ai même une commande d’oignons pour des gens. »

Cependant, derrière cet engouement, la production est loin d’être épargnée par les aléas climatiques. Sur les cinq producteurs d’oignons de Sisco, un seul a pu commercialiser sa récolte cette année lors de la foire. Rémi Bartoletti, un producteur habituel de l’événement, explique que les fortes chaleurs ont considérablement réduit sa production. « Les deux années précédentes, on avait fait 5 et 8 tonnes, cette année 10 kilos. J’ai planté trop tard, presque six semaines, et les températures élevées ont brûlé les racines qui ne se sont pas développées, » déplore-t-il.

Pour asr l’avenir de cette production emblématique, les producteurs de Sisco ont entrepris de mieux protéger leur variété, désormais inscrite au catalogue officiel des variétés. Cette reconnaissance constitue une protection contre les contrefaçons et sécurise la production de semences. Olivier Bardin, président de l’association des producteurs d’oignons de Sisco, précise : « C’est une protection nationale et européenne qui impose d’avoir une certification pour produire cette semence. »

La prochaine étape pour les producteurs est l’obtention du label IGP. « C’est une étape sur laquelle on a déjà beaucoup travaillé. Nous avons un dossier déposé à l’INAO, mais pour le moment, nous ne sommes pas suffisamment de producteurs pour que les coûts de gestion d’un signe de qualité soient absorbés confortablement, » indique Bardin. Tournés vers l’avenir, ils espèrent convaincre les jeunes de se lancer dans l’exploitation de l’oignon du Cap.

Source : France 3 Régions

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