À Paris, 200 personnes à la rue après l’évacuation du bidonville de la porte des Poissonniers
L’évacuation d’un bidonville situé à la porte des Poissonniers à Paris a conduit à la mise à la rue de plus de 200 personnes, dont de nombreux travailleurs. Des militants associatifs de Médecins du Monde et d’Utopia 56, ainsi que des riverains, étaient présents pour veiller à ce que l’opération se déroule sans violence. La députée Danielle Simonnet a déclaré que « la Ville de Paris s’est opposée à cette évacuation en l’absence de solutions d’hébergement pérennes ».
Avant l’évacuation, des policiers avaient informé les habitants du campement d’une expulsion imminente, ce qui a entraîné un départ anticipé de plusieurs personnes vers d’autres lieux. Au total, plus de 200 personnes vivaient dans des tentes et des cabanes de tôle sur le site.
Des travailleurs privés de logement
Parmi les résidents, Ahmad, un ancien chauffeur de taxi soudanais et réfugié politique, a exprimé son désespoir. Bien qu’il travaille pour une entreprise sous-traitante d’un grand hôtel parisien et ait fait plusieurs demandes de logement social, il vit dans le campement depuis plus de deux ans. « Je suis venu parce que je ne trouvais rien. Je n’ai pas choisi d’être ici, c’est ici qui m’a choisi », a-t-il déclaré.
Des bus ont été mis en place pour transporter certains résidents vers des dispositifs temporaires d’hébergement (SAS). Cependant, seules quelques dizaines d’exilés ont accepté de partir pour des villes comme Rouen et Marseille. Mathias Bingham, salarié de Médecins du Monde, a précisé que ces hébergements ne durent que trois semaines, après quoi les personnes sont souvent remises à la rue dans des villes où elles n’ont aucun repère. Lors d’une précédente mise à l’abri, sur 800 personnes, seules 73 avaient accepté de partir en SAS.
Conséquences de la situation
Beaucoup des personnes présentes dans ce campement vivent en France depuis un certain temps et sont employées, mais manquent cruellement de logements. Les travailleurs devraient être hébergés dans un centre à Ris-Orangis pour une durée minimale de six mois, mais cela ne semble pas suffisant pour résoudre la crise du logement à laquelle ils font face.
La préfecture de police, présente sur les lieux, n’a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet.
Source : Humanité
