Comment peut-on tolérer ça ?
À Nice, un nourrisson prématuré et ses deux frères en bas âge vivent à la rue en pleine canicule. Mantchia, 2 ans et 8 mois, et Mohamed, 1 an et demi, dorment à la rue depuis début juillet avec leurs parents, Madimkan, 30 ans, et Nana, 29 ans, exilés du Mali. La famille a fui des situations de violence et d’oppression, espérant trouver un avenir meilleur en France.
Sous une tente et la canicule
Sur un banc, la maman berce une poussette. À l’intérieur, Aïchata, la nourrissonne, tente de rattraper sa nuit. Ce jour-là, à Nice, la température atteint 35 °C, et pour Aïchata, née trois semaines en avance, il n’y a pas d’hébergement d’urgence disponible.
La situation est critique : pas de studio, pas de chambre d’hôtel, pas même un lit. La famille se retrouve sous une toile de tente, sur le parvis de l’église du Vœu, un lieu où les migrants ont été récemment expulsés.
Appeler le 115 tous les jours, depuis un mois, en vain
Les Alpes-Maritimes connaissent une forte tension sur les capacités d’hébergement d’urgence, selon la directrice du service Intégré d’accueil et d’orientation. Les demandes sont redirigées vers des solutions d’hébergement, mais les places disponibles sont limitées. Certaines situations, y compris celles de familles vulnérables, ne reçoivent pas de réponse immédiate.
Les parents avaient anticipé leur besoin de logement en faisant leur première demande un mois avant l’accouchement.
« Avant 8 mois, une femme enceinte à la rue n’est pas considérée comme vulnérable. »
Cette règle a des conséquences tragiques, car malgré une grossesse pathologique, la famille n’a pas obtenu d’assistance.
Pas « une situation d’extrême urgence » pour le juge
La famille est à la rue depuis septembre et ne bénéficie plus du suivi d’une assistante sociale. Leur demande d’asile a été rejetée, même en appel. Lors de la naissance d’Aïchata, une nouvelle demande a été déposée, mais le tribunal administratif a rejeté une requête pour un hébergement d’urgence, considérant que la situation n’était pas d’extrême urgence.
En cas d’expulsion, la petite risque l’excision
La famille risque l’expulsion vers le Mali, où Aïchata pourrait être confrontée à des pratiques telles que l’excision, un traumatisme que sa mère a subi dans son enfance.
Nana exprime son désespoir : « Je ne veux pas ça. Je veux que ça aille mieux. L’école, un travail, un toit. » Son rêve d’un avenir meilleur reste un horizon incertain alors qu’elle navigue dans un système administratif complexe.
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses familles migrantes en France, exacerbés par une crise d’hébergement qui semble ne pas avoir de solution immédiate.
Source : Nice Matin
