À Nancy, l’histoire surprenante d’un exilé algérien et de son fantôme colonial
Sur la place de Padoue à Nancy, une sculpture et son « contre-monument » intitulé « Table de Désorientation » ont récemment suscité l’attention des passants. La statue du sergent Jean-Pierre Hippolyte Blandan, fusil à baïonnette sur l’épaule, observe un miroir circulaire installé à ses pieds, sur lequel des phrases intrigantes sont gravées. Ce miroir, qui impose au lecteur de se contempler, soulève des questions sur l’identité et l’histoire.
L’une des inscriptions interroge : « Qui es-tu ? » et évoque les cauchemars de Malek, un exilé algérien vivant à Nancy. Ces mots, écrits par la journaliste et réalisatrice Dorothée-Myriam Kellou, invitent à une réflexion sur le passé colonial et ses répercussions sur les générations présentes.
Le long voyage de la statue du sergent Blandan
Jean-Pierre Hippolyte Blandan, mort à 23 ans il y a 184 ans, a été tué en Algérie le 12 avril 1842 alors qu’il portait du courrier entre Boufarik et Blida. Selon les récits historiques, il aurait refusé de se rendre face à une force algérienne supérieure. Élevé au statut de héros national, Blandan a inspiré de nombreuses œuvres artistiques et a donné son nom à des rues et espaces publics. Deux statues lui ont été dédiées, dont une érigée à Lyon en 1900, fondue par les Allemands sous le régime de Vichy pour en récupérer le métal.
Cette installation à Nancy, combinant une œuvre contemporaine et une statue historique, met en lumière les tensions entre mémoire coloniale et identité actuelle. Elle questionne également la manière dont l’histoire est perçue et interprétée à travers le prisme des générations.
Source : La Vie.



