« Ici, la durée de vie dépasse rarement 65 ans »… A Lille, des gens du voyage réclament des refuges climatiques

Ici, la durée de vie dépasse rarement 65 ans : À Lille, des gens du voyage réclament des refuges climatiques

De notre envoyée spéciale à Lille,

Cachés derrière d’immenses conifères, les caravanes et petits chalets de fortune des gens du voyage de l’aire d’accueil d’Hellemmes-Ronchin, près de Lille, semblent insignifiants face à la centrale à béton qui leur fait face. La poussière des gravats émise par cette activité a envahi l’air, rendant la vie difficile pour les résidents, surtout lors des fortes chaleurs.

Sue-Ellen Demestre, présidente de l’association Da So Vas, souligne que les 57 familles vivant sur l’aire subissent une pollution environnementale qui impacte leur santé. L’association, fondée en 2013, milite pour des refuges climatiques et des logements adaptés à leur mode de vie.

Entre le béton, le goudron et les pesticides

Les habitants d’Hellemmes-Ronchin sont entourés par une cimenterie, une concasserie et des champs agricoles traités avec des pesticides. Cette situation a des conséquences graves : des cas de dermatites, de problèmes respiratoires chez les enfants, et une augmentation alarmante des cancers. Selon Sue-Ellen, « ici, la durée de vie dépasse rarement 65 ans ».

Une multitude d’alertes lancées dès 2013

En 2013, plusieurs femmes de l’aire d’accueil créent un collectif pour demander le relogement des 150 habitants, face à une pollution persistante. Malgré des alertes répétées et une participation à des discussions avec des élus, peu de réponses concrètes ont été apportées.

En 2018, une infirmière de l’Agence régionale de santé (ARS) est envoyée pour évaluer la situation, mais son rapport conclut à l’absence de lien entre les maladies observées et l’environnement.

Des réponses contradictoires sur le taux de pollution

Des relevés de pollution réalisés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) n’ont pas apporté de résultats significatifs. La députée européenne Marie Toussaint évoque des réponses contradictoires des autorités, qui reconnaissent la pollution tout en affirmant que les études ne montrent pas de lien direct avec les problèmes de santé.

Le déclic après une prise illégale de terrain

En 2025, une prise illégale de terrain par les habitants débloque la situation. Après avoir été refusés pour un relogement, une trentaine de caravanes s’installent temporairement sur un terrain vacant. Ce déménagement a conduit la métropole à proposer un nouvel emplacement pour les résidents, mais les plus vulnérables n’ont pas pu suivre.

La métropole européenne de Lille a justifié cette décision par une « opportunité foncière », mais la situation des résidents reste préoccupante, notamment en raison des conditions de vie sur le nouvel emplacement, recouvert de goudron.

Source : 20 Minutes

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