À Lambesc, les artistes Thomas et Lebreton nous font voyager au travers des techniques artistiques multiples
Dans la salle d’exposition Saint-Jacques, deux univers se rencontrent et se répondent à Lambesc. D’un côté, Isabelle Thomas, styliste devenue mosaïste et tisserande, qui fait dialoguer la matière textile et la matière minérale. De l’autre, Jean Lebreton, photographe et peintre à l’encaustique, dont les œuvres semblent surgir de plusieurs couches de cire et de mémoire.
Pendant 20 ans, Isabelle a façonné des robes de mariée, pièces uniques pensées comme des sculptures textiles. Une carrière de styliste qui l’a menée à explorer les volumes, les textures, les gestes précis du travail de la main. Puis, il y a une quinzaine d’années, un virage décisif : elle délaisse la mode pour se consacrer à l’art de la mosaïque.
À première vue, le passage de la haute couture à la mosaïque pourrait sembler aventureux. Toutefois, de la couture à la mosaïque, on retrouve la même continuité du geste, la même recherche d’équilibre, la même attention au détail, la même patience. Parallèlement à la mosaïque, l’artiste a repris une technique qu’elle pratiquait dans les années 1980 : la tapisserie tissée. Ce qui distingue aujourd’hui son travail, c’est sa manière originale de mêler les deux dans une même œuvre : souplesse du textile et dureté du matériau.
C’est à New York que Jean Lebreton trouve une nouvelle manière de raconter le réel en mêlant photographie et peinture à l’encaustique, une technique ancestrale qui mêle pigments et cire chauffée, exigeant une maîtrise particulière : la cire doit être appliquée rapidement, sculptée, polie et parfois réactivée à la flamme. Jean s’est approprié cette technique artisanale, dans laquelle la cire fondue mêlée aux pigments est appliquée sur une photographie à l’aide d’un pinceau ou d’une spatule. La photo devient alors tableau. Superposer des couches lui permet de retenir la lumière et de créer des reliefs. Ses tableaux ne sont jamais lisses : ils présentent des creux, des bosses, des irrégularités.
Le titre de cette exposition évoque la manière dont ces deux artistes ont construit leur œuvre : par étapes et par expérimentations successives. Elle montre que deux démarches très différentes peuvent se rejoindre dans une même volonté : explorer les matières et inventer des formes et des assemblages inédits.
À découvrir sans tarder, car elle fermera définitivement ses portes le 26 juillet 2026.
Entrée libre. Du vendredi au dimanche de 11h à 19h.
Source : La Provence.
