À Ceuta, des centaines de migrants mineurs pris en charge, tant bien que mal, par les autorités

À Ceuta, des centaines de migrants mineurs pris en charge par les autorités

Quatre jours après l’arrivée massive de près de 50 000 migrants à Ceuta en provenance du Maroc, environ 2 500 personnes, entrées illégalement, se trouvent encore dans la ville, selon la RTVE. Le gouvernement autonome de Ceuta, dirigé par le Parti populaire (PP), estime leur nombre entre 3 000 et 5 000, affirmant que l’enclave vit toujours dans l’angoisse et l’effroi.

Parmi ces migrants, les mineurs non accompagnés attirent particulièrement l’attention des autorités. Contrairement aux adultes, qui sont activement recherchés pour être reconduits à la frontière marocaine, les mineurs non accompagnés bénéficient d’une protection légale qui interdit leur expulsion. Actuellement, 862 mineurs sont hébergés dans des centres d’accueil et des structures d’urgence mises en place par la ville.

Cependant, de nombreux autres enfants, entrés illégalement le 30 juillet, n’ont pas encore demandé d’aide et se cachent dans des campements illégaux, principalement dans les montagnes, ou n’ont pas été repérés par la police municipale, chargée de leur transfert vers les centres d’accueil, selon le journal catalan Ara. La municipalité prévoit que le nombre d’enfants pourrait atteindre environ un millier et envisage de demander des fonds supplémentaires au gouvernement central pour faire face à cette situation d’urgence.

En attendant, Ceuta tente d’accroître sa capacité d’accueil en réorganisant ses infrastructures et en aménageant des bâtiments industriels. Les plus jeunes et ceux dont l’âge est clairement établi sont logés dans de meilleures conditions, tandis que les plus âgés sont placés dans des hébergements temporaires.

L’arrivée massive de mineurs étrangers non accompagnés a mis à mal les capacités déjà limitées du système de protection de la ville autonome, qui ne dispose que de 29 places d’accueil officielles pour les mineurs. La situation est qualifiée d’intenable et le gouvernement socialiste est tenu de reloger, dans un délai de quinze jours, les centaines d’enfants migrants non accompagnés dans d’autres communautés autonomes en vertu d’une loi révisée en 2025.

Le ministère de la Jeunesse et de l’Enfance a déclaré que tous les mécanismes disponibles ont été mis en œuvre pour garantir un accueil digne aux mineurs. Toutefois, des doutes subsistent quant à la capacité du gouvernement à tenir ses promesses face aux défis logistiques et aux réticences des régions dirigées par la droite.

Des incidents regrettables continuent de survenir, comme l’expulsion d’un enfant de 12 ans, arrêtée grâce à l’intervention d’un lieutenant-colonel des légionnaires déployés à la frontière, après que des témoins ont confirmé qu’il était non accompagné.

Source : RTVE, El Mundo, Ara, El País, ABC, El Periódico

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