À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive

À Avignon, « L’hors-présence » de Tiphaine Raffier captive

Dans une scénographie lumineuse de précision, Tiphaine Raffier présente un spectacle qui interroge la façon dont nos sociétés occidentales accueillent la fin de vie. Au croisement du réalisme et de la mythologie fantastique, cette production puissante remet en question nos certitudes et nos croyances.

Dans une maison vitrée, une fratrie se regroupe autour de Laure, une enseignante en lettres de quarante ans, atteinte d’un cancer en phase terminale. La famille s’organise pour lui fournir des soins à domicile, éloignée des structures médicales. La représentation de deux heures et trente minutes, observée à travers une caméra, mélange observation scientifique et récits surnaturels, offrant une expérience émotionnelle intense.

La pièce aborde des thèmes délicats, comme le droit à mourir dans la dignité, alors que le Sénat a récemment rejeté une proposition de loi sur ce sujet. Laure, sur son fauteuil roulant, fait face à l’impossibilité d’avaler des aliments solides, et les tensions familiales s’intensifient alors qu’ils cherchent des solutions. La découverte de la recherche d’une potion pour un « grand plongeon » vers la mort soulève des questions éthiques et morales.

Les comédiens, dont Emma Bolcato et Teddy Chawa, offrent des performances remarquables, tandis que la musique de Verdi et Bach enrichit l’expérience. Bien que la dernière partie puisse sembler trop longue, la pièce reste audacieuse et pertinente, abordant un sujet qui touche tout le monde.

Source : Hélène Kuttner, Festival d’Avignon.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *