Audition du Dr Florence Brunet Possenti aux États généraux de la bioéthique
Le 13 mars dernier, le Dr Florence Brunet Possenti a été auditionnée dans le cadre des États généraux de la bioéthique 2026, intitulés Science, Santé, Solidarités, présidés par le Pr Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique. Cette audition a permis de mettre en avant la santé environnementale dans un débat national crucial.
Dans sa contribution au CCNE, l’Association Santé Environnement France (ASEF) a plaidé pour un changement de paradigme éthique. Elle soutient que la bioéthique ne doit pas se limiter aux questions biomédicales ou technologiques, mais doit également intégrer la santé environnementale comme un pilier fondamental de la dignité humaine et de l’équité sociale.
Trois enjeux majeurs ont été soulignés. Premièrement, la pollution est identifiée comme une atteinte significative à l’intégrité corporelle. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 25 % des pathologies mondiales sont liées à des facteurs environnementaux, et la pollution dépasse désormais le tabagisme en tant que cause principale de décès prématuré.
Deuxièmement, l’ASEF a évoqué les inégalités environnementales, illustrées par le paradoxe alimentaire où le bénéfice des fruits et légumes est annulé lorsqu’ils sont contaminés par des pesticides, affectant particulièrement les populations précaires.
Enfin, l’interdépendance du vivant, promue par l’approche Une Seule Santé (One Health), est également un point central, et l’ASEF appelle à son inscription dans la législation française.
Pour mettre en œuvre ces principes, l’association propose, en collaboration avec la Société Française du Droit de l’Environnement et d’autres membres de l’Alliance Santé Biodiversité, d’ancrer le principe Une seule santé dans les codes juridiques français, y compris ceux relatifs à la santé publique, à l’environnement, à l’urbanisme et à l’éducation. Cela viserait à renforcer la gouvernance transversale et la démocratie sanitaire.
L’ASEF maintient que le droit à un environnement sain est la base de toutes les autres libertés, plaidant ainsi pour l’inscription du principe Une Seule Santé dans la loi, afin de faire de la santé un bien commun partagé entre tous les êtres vivants.
Source : Association Santé Environnement France (ASEF)
