De l’Ouganda au Vietnam : les milliers d’étrangers morts en Ukraine pour la Russie
Au moins 3 586 étrangers originaires de plus de 40 pays ont trouvé la mort en combattant aux côtés de la Russie depuis le début de son invasion à grande échelle de l’Ukraine, selon une enquête de la BBC. Parmi ces individus, on trouve des prisonniers recrutés dans les prisons russes, des migrants affirmant avoir été contraints ou trompés, des volontaires attirés par des salaires élevés, ainsi que des soldats réguliers nord-coréens envoyés dans le cadre d’un accord entre Moscou et Pyongyang.
Le service russe de la BBC et le média indépendant Mediazona tiennent un registre des pertes russes vérifiées, basé sur des informations issues de sources ouvertes, telles que des communiqués officiels, des messages et des photos de tombes publiées sur les réseaux sociaux, ainsi que des commémorations de guerre.
L’un des noms sur cette liste est Edson Kamwesigye, originaire d’Ouganda. Selon sa famille, il pensait se rendre en Russie pour travailler comme agent de sécurité. Cet Ougandais de 45 ans avait précédemment travaillé comme agent de sécurité en Irak et en Afghanistan, mais n’avait jamais participé à des combats. Après son retour en Ouganda, il a tenté de subvenir aux besoins de sa famille en conduisant un taxi et en se lançant dans l’agriculture. En décembre 2025, il a annoncé à sa famille qu’il avait trouvé un nouvel emploi en Russie, mais une semaine plus tard, il a été tué à Kupiansk, en Ukraine.
Kamwesigye fait partie des 1 285 combattants étrangers de l’armée russe dont la mort a été vérifiée par la BBC. Ce groupe inclut des ressortissants de Cuba, des États-Unis, de Chine, du Vietnam, de Pologne, d’Inde, de Népal, de Serbie, et d’autres pays. En outre, 2 304 soldats nord-coréens ont été identifiés comme ayant perdu la vie en combattant en Ukraine.
L’OTAN estime qu’environ 24 000 mercenaires étrangers issus de 44 pays combattent dans les rangs russes, la majorité venant de pays africains. Les autorités russes ont également intensifié le recrutement de prisonniers, y compris des étrangers, en leur offrant des libérations en échange de leur engagement militaire.
Malgré l’ampleur de cette campagne de recrutement, les étrangers ne représentent qu’une petite fraction des pertes totales russes, qui s’élèvent à environ 233 033, selon les données de la BBC. Les pertes des troupes russes continuent d’augmenter, et Moscou pourrait être amené à se tourner encore davantage vers l’étranger pour renforcer ses rangs.
Source : BBC


