Les pluriels en « x » : une question de langue et d’orthographe
Cette semaine, un sujet délicat a émergé dans le débat linguistique français : l’usage des pluriels en « x ». Alors que la langue française est déjà riche en exceptions, la question de la régularisation de ces formes pourrait susciter des discussions passionnées.
Traditionnellement, les mots se terminant par -ou prennent un « s » au pluriel, à l’exception notable de bijoux, cailloux, choux, genoux, joujoux, hiboux, et poux. Cette règle trouve ses origines dans une convention orthographique ancienne, où les scribes utilisaient un « x » pour abréger les terminaisons en -us. Ainsi, « choux » dérive d’un ancien « chox ». Ce phénomène s’est également produit pour les mots se terminant par -al, comme « chevaux », qui est issu de « chevax ».
Face à cette complexité, certains linguistes et associations, comme Erofa, plaident pour une simplification de la langue en remplaçant les « x » muets par des « s », afin de clarifier les règles du pluriel. Les arguments avancés incluent la nécessité d’une règle claire pour l’apprentissage du français, la reconstitution de familles de mots, et une prononciation plus prévisible du « x ».
Imaginons un instant que cette proposition soit adoptée. Les mots deviendraient ainsi « adieus, châteaus, chous, cheveus, jeus, hibous, landaus, travaus, vieus ». Une telle réforme pourrait provoquer des résistances, tant l’usage de ces formes est ancré dans la culture linguistique française.
La question des pluriels en « x » est symptomatique des évolutions et des résistances au sein de la langue française, reflet d’une tradition riche mais parfois complexe.
Source : L’Express.

