Il y a deux mille ans, plusieurs dizaines de milliers de langues auraient été parlées dans le monde

La diversité linguistique en déclin : une étude révèle l’ampleur de la perte des langues

Ce phénomène n’est pas récent et représente seulement une fraction de la richesse linguistique qui existait autrefois sur notre planète.

Des chercheurs estiment qu’il y avait entre des dizaines de milliers de langues sur Terre, entre un millénaire avant notre ère et l’an mille, période durant laquelle la diversité linguistique a commencé à décliner. Cette affirmation est détaillée par Archeology News, qui cite une étude publiée le 23 juillet dans le journal Science.

La plupart des anciens idiomes n’ayant pas laissé de traces, les chercheurs ont tenté de reconstruire leur histoire de manière indirecte. En s’appuyant sur des estimations de population et des données ethnographiques, ils ont réalisé des modélisations numériques pour tester différentes hypothèses sur l’émergence et le déclin des langues au cours de l’Holocène, débutant il y a environ 12 000 ans.

Les conclusions avancées suggèrent que l’essor de l’agriculture a déclenché un premier foisonnement linguistique, lorsque les chasseurs-cueilleurs nomades se sont sédentarisés dans de petits groupes isolés. Les chercheurs estiment qu’entre 20 000 et 75 000 langues distinctes étaient parlées durant cette période qu’ils qualifient d’« âge d’or linguistique », mais cette richesse n’a pas perduré.

En l’espace d’un seul millénaire, la majorité des langues a disparu, ce qui pourrait être attribué à l’expansion de puissants groupes culturels monolingues par le biais de conquêtes et du commerce. Cependant, l’étude ne permet pas d’identifier un empire, une région ou un événement historique spécifique ayant contribué à ce déclin.

Claire Bowern, de l’université Yale et auteur principal de l’étude, souligne que ces estimations doivent être considérées comme une « hypothèse préliminaire », influencée par d’autres facteurs tels que les migrations et le climat. D’autres chercheurs, comme Lyle Campbell de l’université de Hawaii, estiment que ces travaux sont « hautement spéculatifs » et soulignent la complexité des dynamiques linguistiques de l’époque.

Il est également difficile de déterminer si les nombreuses langues qui auraient coexisté étaient réellement distinctes. Johanna Nichols, linguiste à l’université de Californie à Berkeley, avance que les langages de petites sociétés se sont peut-être fondus pour former un ensemble de dialectes compréhensibles entre eux, créant ainsi un continuum linguistique dans un monde peu peuplé.

Cette étude met en lumière la fragilité de la diversité linguistique actuelle et les enjeux liés à la préservation des langues menacées.

Source : Archeology News, Science

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *