États-Unis : la Maison-Blanche interdit les robots chinois
Depuis le 28 juillet, la Federal Communications Commission (FCC), l’autorité de régulation des télécommunications aux États-Unis, a décidé de bloquer l’homologation de nouveaux « dispositifs robotiques avancés » fabriqués à l’étranger. Cette me concerne les appareils mobiles, tels que les humanoïdes, les chiens-robots et les machines sur roues, capables de naviguer et de transmettre des données. Bien que la directive ne mentionne pas explicitement de pays, elle cible principalement la Chine, le premier fabricant mondial dans ce secteur.
Les modèles déjà autorisés par la FCC ou déjà en circulation aux États-Unis continueront d’être acceptés. En revanche, les nouveaux appareils étrangers ne pourront plus obtenir les autorisations nécessaires pour leur commercialisation. L’agence pourra également réexaminer les homologations existantes. Comme cela a été le cas avec des restrictions antérieures touchant les drones et les routeurs, il est prévu que certains fournisseurs non chinois puissent bénéficier d’exemptions.
La justification avancée par les autorités américaines repose sur trois risques principaux : l’espionnage, le vol de données et la prise de contrôle à distance. Ces robots, intégrant des capteurs, de l’intelligence artificielle et une connexion Internet, pourraient potentiellement naviguer dans des environnements sensibles et recevoir des instructions externes. La FCC met en garde contre le fait qu’un acteur malveillant pourrait exploiter les informations collectées pour renforcer les capacités d’un service de renseignement ou contrôler ces machines à distance.
La domination chinoise dans le secteur des robots humanoïdes est marquée, avec environ 90 % des livraisons mondiales réalisées par des entreprises chinoises l’année dernière. La Chine abrite plus de 140 fabricants et possède une chaîne de production agile, capable de commercialiser rapidement de nouveaux modèles. Bien que les États-Unis conservent un certain avantage dans des domaines de l’intelligence artificielle, leurs entreprises peinent à produire des humanoïdes en série. Des sociétés comme Tesla, Figure AI et Boston Dynamics travaillent sur leurs propres modèles, mais n’atteignent pas encore les volumes de production de leurs concurrents chinois.
L’interdiction de la FCC pourrait donc rééquilibrer le marché. Les fabricants chinois ne pourront plus introduire de nouveaux modèles aux États-Unis, offrant ainsi un répit aux concurrents américains pour développer leurs capacités de production. Selon une estimation de Morgan Stanley, le marché potentiel des robots humanoïdes pourrait atteindre 5 000 milliards de dollars d’ici 2050. Parallèlement, l’administration américaine aspire à créer une chaîne d’approvisionnement indépendante et à relocaliser la fabrication sur le sol américain.
Le même jour, la FCC a également adopté une interdiction concernant les nouveaux onduleurs électriques connectés fabriqués à l’étranger, une me qui pourrait avoir des répercussions immédiates sur le réseau électrique américain. Washington exprime des inquiétudes quant à la dépendance envers des fabricants étrangers, notamment chinois, pour des équipements jugés critiques pour la sécurité nationale.
En réponse, Pékin a fermement dénoncé ces nouvelles mes, les qualifiant d’interprétation abusive de la sécurité nationale et de répression des entreprises chinoises, promettant une réaction si ses intérêts sont menacés. La dynamique actuelle montre que la Chine possède les volumes de production, tandis que les États-Unis maintiennent le contrôle sur l’accès à leur marché.
Source : L’Express
