La chasse aux dépenses sociales est ouverte

La chasse aux dépenses sociales est ouverte

La rentrée s’annonce tendue pour les droits des travailleurs et des assurés sociaux en France. Les finances publiques sont en difficulté, nécessitant un effort de près de 125 milliards d’euros pour stabiliser la dette publique d’ici 2032, selon un rapport d’économistes missionnés par Bercy, incluant Xavier Jaravel et Natacha Valla.

Avant même le début de la campagne présidentielle, le gouvernement a déjà ciblé plusieurs domaines pour des économies : retraites, santé, chômage et formation professionnelle. Les pensions pourraient être sous-indexées par rapport à l’inflation, tandis que des mes visent à augmenter le plafond des franchises médicales. Les patients pourraient donc faire face à des coûts accrus pour les médicaments et les consultations.

Des projets de décrets prévoient également une réduction des remboursements pour certains médicaments jugés « moins utiles », ainsi qu’une diminution de la prise en charge des soins dentaires par la Sécurité sociale, passant de 60% à 50%, voire 40% à terme. Ces changements, applicables en 2027, devraient générer 1,2 milliard d’euros d’économies, laissant les complémentaires santé assumer une partie des coûts.

Les chômeurs ne sont pas épargnés : pour la première fois en dix ans, leurs allocations n’ont pas été revalorisées au 1er juillet, malgré une inflation persistante. Le gouvernement prévoit de ponctionner les finances de l’Unédic de 400 millions d’euros par an.

Le compte personnel de formation (CPF), pilier de la réforme Macron, subit également des restrictions. Après des plafonnements et une augmentation du reste à charge, le ministre du Travail souhaite que tout achat de formation soit validé par un « tiers de confiance », limitant l’accès à des formations jugées utiles pour la Nation.

Les fonctionnaires, quant à eux, risquent de subir des purges budgétaires. Le ministre des Comptes publics a exclu toute revalorisation générale des salaires, arguant qu’une augmentation de 1% du point d’indice coûterait 2,4 milliards d’euros. Une grève est prévue le 29 septembre à l’initiative des syndicats de la fonction publique.

Le rapport sur les finances publiques souligne la nécessité de maîtriser les dépenses tout en mobilisant des recettes supplémentaires. Cependant, le Premier ministre a promis une stabilité fiscale qui semble bénéficier principalement aux plus riches et aux entreprises, laissant les plus vulnérables porter l’essentiel de l’effort.

Source : Alternatives Économiques.

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