Peine de mort : Amnesty dénonce une « escalade » des condamnations en Iran

Peine de mort : Amnesty dénonce une « escalade » des condamnations en Iran

L’organisation Amnesty International a dénoncé, le 28 juillet, une « escalade » des exécutions par les autorités iraniennes, suite à l’annonce de la pendaison de deux manifestants. Ces deux hommes, reconnus coupables d’avoir participé aux manifestations antigouvernementales entre décembre et janvier, ont été exécutés, selon la justice iranienne.

L’exécution d’Abolfazl Sepahi et d’Amir-Hossein Safari, après celle d’au moins trois autres manifestants la semaine précédente, représente une nouvelle intensification du recours à la peine de mort pour réprimer la dissidence, a réagi Amnesty dans un communiqué. L’ONG a exprimé sa préoccupation quant au risque d’exécution pour au moins 60 autres personnes, dont trois arrêtées alors qu’elles étaient mineures, qui ont été condamnées à mort, tandis que d’autres sont également poursuivies pour des accusations passibles de la peine capitale liées aux manifestations.

Selon Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire iranien, les deux hommes ont été condamnés pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) en raison de leur implication dans des actes de violence et de « corruption sur terre » pour avoir gravement perturbé l’ordre public. L’agence de presse Mehr a précisé que la pendaison a eu lieu sur une place de Malekshahr, en présence de témoins.

Des experts de l’ONU ont appelé l’Iran à annuler les condamnations à mort de 12 hommes, dont deux ont été exécutés le 19 juillet, en lien avec les manifestations. Ils ont souligné que condamner plusieurs personnes à mort lors d’une même audience, sans établir clairement la responsabilité individuelle de chacun, enfreint les normes de procès équitable.

Les exécutions se sont multipliées depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran. Le mouvement de protestation, initialement motivé par la hausse des prix, s’est rapidement transformé en vastes manifestations antigouvernementales. Le pouvoir iranien a reconnu plus de 3 000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. Des ONG estiment que la répression a causé des milliers de morts. Amnesty International souligne que l’Iran est le deuxième pays au monde à recourir le plus à la peine de mort, après la Chine.

Source : Amnesty International

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