Merci la Chine : elle a sauvé l’économie mondiale
Les énormes réserves de pétrole de la Chine et la diversification de son mix énergétique ont contribué à atténuer l’impact économique mondial de la guerre en Iran, selon des économistes de la Banque centrale européenne (BCE). Dans un article de blog publié lundi, les analystes de la BCE ont souligné que la constitution de stocks importants de brut par Pékin, le passage aux véhicules électriques et la baisse de la consommation de produits pétrochimiques ont permis de limiter la hausse des prix du pétrole et du gaz depuis l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février.
Les stocks de brut de la Chine, deuxième économie mondiale, ont augmenté, passant de l’équivalent de 92 jours d’importations en 2023 à 115 jours en début d’année. Cette augmentation a contribué à amortir l’impact des pertes d’approvisionnement, qui ont largement dépassé la contraction de la production énergétique due à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
La guerre en Iran a entraîné une perte d’approvisionnement mondial en pétrole d’environ 14 millions de barils par jour, représentant 14 % de la production mondiale. En comparaison, l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait causé une perte de seulement 1 million de barils par jour, soit 1 % de l’offre mondiale. Malgré cette différence, les deux conflits ont provoqué des hausses similaires des prix de l’énergie, avec une augmentation de 29 % des cours du pétrole début juin par rapport aux niveaux d’avant-guerre.
Les analystes de la BCE ont également noté que l’augmentation de la production de schiste aux États-Unis, les prélèvements sur les réserves stratégiques de pétrole occidentales et les anticipations des investisseurs concernant une résolution rapide du conflit ont aidé à contenir les prix de l’énergie. Ce rapport, corroboré par d’autres analystes, intervient alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran semblent s’apaiser, les deux parties ayant suspendu leurs représailles réciproques après un échec de cessez-le-feu.
Le Brent, référence mondiale du pétrole, s’échangeait lundi après-midi autour de 90 dollars le baril, après avoir dépassé les 100 dollars la semaine précédente. Les rendements des Bunds allemands à 10 ans, référence de la zone euro, ont également reculé à 3,13 % après avoir atteint 3,21 %, leur plus haut niveau depuis 15 ans.
La guerre a gravement endommagé certaines infrastructures énergétiques du Moyen-Orient et a conduit à la fermeture du détroit d’Ormuz, une voie navigable essentielle pour environ un cinquième des approvisionnements énergétiques mondiaux avant le conflit. Les analystes de la BCE ont averti que la situation dans le détroit d’Ormuz reste volatile, soulignant qu’une fermeture prolongée pourrait épuiser les réserves existantes et accroître les pressions à la hausse sur les prix de l’énergie.
(Source : Banque centrale européenne)
