La voiture est devenue trop chère, mais reste indispensable: le grand paradoxe à la belge

La voiture est devenue trop chère, mais reste indispensable : le grand paradoxe à la belge

Si 89 % des Belges affirment ne pas pouvoir se passer de leur voiture, 78 % estiment que posséder un véhicule personnel est devenu un luxe.

Contexte factuel

Les prix des voitures continuent d’augmenter, en raison de nouvelles technologies, de l’électrification et des matériaux. Par exemple, la BMW X1, le modèle le plus vendu en Belgique durant le premier quadrimestre de 2026, est proposée à partir de 43 750 euros pour la version diesel la moins chère, tandis que pour la version électrique, il faut compter au minimum 15 000 euros supplémentaires. Lors de son lancement en 2009, ce même véhicule était vendu à 29 500 euros, ce qui représente une augmentation de près de 50 % en 17 ans.

De même, la Dacia Sandero, dont la version essence la moins chère est aujourd’hui affichée à partir de 14 390 euros, coûtait 7 950 euros lors de son lancement en 2008, soit une hausse de 81 % sur 18 ans.

Les tensions géopolitiques ont également un impact significatif sur les prix. En 2019, le prix moyen du litre d’essence E95 était de 1,46 euro, et celui du diesel, de 1,52 euro, selon les données de Statbel. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a vu ces prix grimper à 1,92 euro pour l’essence et 1,99 euro pour le diesel. Pour les six premiers mois de 2026, le prix moyen de l’essence est de 1,79 euro/litre, et celui du diesel, de 1,98 euro/litre.

Données ou statistiques

Malgré cette hausse des coûts, 89 % des Belges considèrent leur voiture comme une nécessité pour se déplacer, d’après une enquête d’OpinionWay pour Cardoen. Toutefois, 78 % des interrogés jugent l’utilisation d’un véhicule personnel comme un luxe, et 58 % le considèrent comme le poste de dépense le plus lourd. L’automobiliste belge dépense en moyenne 325 euros par mois pour son véhicule, ce qui est supérieur à la moyenne française (283 euros) et italienne (286 euros), mais inférieur à celle de l’Allemagne (387 euros) et de l’Autriche (443 euros).

Un Belge sur cinq ne peut dépenser plus de 100 euros par mois pour une voiture, rendant l’achat d’un véhicule neuf, surtout électrique, difficile. Bien que 54 % des sondés envisagent de passer à l’électrique, 44 % choisissent toujours un moteur thermique (36 % essence, 8 % diesel), plaçant la Belgique parmi les pays les plus réticents à la transition énergétique.

Conséquence directe

Cette situation se reflète également dans le débat politique, où seulement 45 % des Belges soutiennent le renforcement des zones à faibles émissions, contrairement à d’autres pays comme l’Italie et l’Espagne, où une majorité des automobilistes est favorable à de telles mes.

Source : OpinionWay pour Cardoen, Statbel

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