Premier arrivé, premier servi : Au port de Valras, les derniers petits pêcheurs en action

Au port de Valras-Plage, les pêcheurs offrent une vente directe de poissons tous les jours, au retour de leur sortie en mer. Ce quotidien, à la fois intense et épuisant, dépend largement des conditions météorologiques et des ressources maritimes disponibles.

Installés le long d’un ponton sur le boulevard Dauga, les ateliers des dix derniers pêcheurs se succèdent, attirant quelques locaux accoudés aux étals. De 9 h à 12 h, il est possible d’acheter du poisson frais, pêché quelques heures auparavant. Jérémy Pace, pêcheur et chef de la prud’homie, précise : « Premier arrivé, premier servi ! »

Diversité des produits

Les variétés de poissons disponibles changent selon les saisons, incluant seiche, raie, sole, merlan, loup, dorade et poulpe. Les prix fluctuent également, le murex étant actuellement vendu à 12 euros le kilo, la dorade entre 20 et 25 euros, et la seiche à 15 euros, contre 12 euros en hiver. Jérémy Pace attribue ces variations à « la loi de l’offre et la demande » et à la « rareté du poisson ».

Imprévisibilité du métier

Les quantités de poissons varient d’un jour à l’autre, et les pêcheurs s’accordent à dire que la pêche est imprévisible. Sam, 27 ans, souligne que « la météo reste le plus gros risque du métier ». Aurore, une pêcheuse active depuis six ans, note que cette année est plus difficile, avec moins de touristes et de poissons disponibles. Pour elle, une journée équilibrée nécessite environ 250 euros de ventes.

Malgré un contexte de pêche mitigé, l’ambiance du port demeure un moteur essentiel. Aurore ajoute que les interactions avec les clients créent de la convivialité et du partage, évitant ainsi l’isolement.

Les ventes directes se déroulent tous les jours de 9 h à 12 h au 51 boulevard Jean Dauga, à Valras-Plage. La plupart des pêcheurs complètent leur journée de vente aux halles de la ville.

Pierrot Dissento : Une tradition familiale

Pierrot Dissento, pêcheur depuis l’âge de 15 ans et issu d’une lignée de pêcheurs, termine bientôt sa carrière. Il souligne l’importance de continuer à vendre pour conserver la valeur de son bateau, tout en transmettant sa passion à son fils.

Source : Midi Libre – Sofiane Descamps

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