DÉCRYPTAGE. Canicule : près de 6 000 morts en quinze jours, pourquoi la vague de chaleur du mois de juin a-t-elle été si meurtrière ?

Canicule : près de 6 000 morts en quinze jours, pourquoi la vague de chaleur du mois de juin a-t-elle été si meurtrière ?

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur est attendue dès mardi, les conséquences de la canicule de juin continuent de se dévoiler. Entre le 17 juin et le 2 juillet, près de 6 000 personnes ont perdu la vie en France, soit une surmortalité de 36,2 % par rapport à la mortalité habituellement observée, selon Santé publique France. Cet épisode tragique est le plus meurtrier depuis celui de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès.

Les températures vont de nouveau grimper sur une grande partie du pays, atteignant potentiellement 40 °C dans certaines régions. Ce climat extrême intervient alors que les autorités constatent l’ampleur des conséquences de la canicule précédente. Malgré les améliorations dans la gestion des épisodes caniculaires, des questions se posent quant aux raisons de cette surmortalité.

La mortalité s’est déplacée

Contrairement à 2003, où les établissements de santé avaient été particulièrement touchés, les décès se concentrent désormais à domicile. Selon les données, près des trois quarts des victimes sont décédées chez elles ou ont vu leur état de santé se détériorer avant d’être prises en charge. Ce constat met en évidence un défaut dans les politiques de prévention, notamment en ce qui concerne les conditions de vie dans les logements.

Basile Chaix, directeur de recherche à l’Inserm, souligne que l’exposition à la chaleur dans les habitations est devenue le principal problème. De nombreuses personnes âgées vivent seules dans des appartements mal isolés, où les températures restent élevées, même la nuit, ce qui empêche leur organisme de se rétablir.

Une population vieillissante

La population française est aujourd’hui plus âgée et, par conséquent, plus vulnérable aux vagues de chaleur. Alors que les plus de 75 ans représentent plus des deux tiers de la surmortalité, les décès parmi les 45-64 ans ont également augmenté de plus de 55 % par rapport aux prévisions. Cette hausse est attribuée à la vulnérabilité accrue de certaines personnes, souvent déjà souffrantes de maladies chroniques ou ayant un accès limité aux soins.

Les professionnels du funéraire ont également été affectés, avec un triplement des interventions quotidiennes dans certaines régions. Dans des départements comme le Loiret, les chambres funéraires sont saturées, et des entreprises ont dû louer des cellules réfrigérées pour faire face à la demande accrue.

Cette canicule a révélé de nouveaux défis liés à la gestion de la chaleur extrême, soulignant la nécessité d’adapter les politiques publiques pour protéger les populations les plus vulnérables.

Source : Santé publique France

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