L’IA et son impact sur l’économie : les enseignements de l’étude ATLAS de Google
Google a récemment publié l’étude AI & Economy Atlas, qui vise à mer la diffusion de l’intelligence artificielle (IA) dans l’économie, tant au travail que dans la vie quotidienne. Cette première édition repose sur 15 millions d’interactions anonymisées avec Gemini, l’application Google AI Mode et l’API Gemini, collectées entre le 6 et le 19 avril 2026. L’étude couvre plus de 800 métiers, 4 000 tâches, 150 pays et 140 langues.
L’IA n’automatise pas les métiers en col blanc
L’étude contredit l’idée que l’IA remplace les métiers de bureau. En effet, l’adoption de Gemini concerne 68 % des métiers, représentant environ 90 % de l’emploi total aux États-Unis. Cependant, l’IA n’est utilisée en moyenne que pour 21 % des tâches au sein d’un même poste, ce qui montre une adoption concentrée sur des missions routinières. Les usages relèvent principalement de la collaboration (idéation, stratégie, recherche d’information) plutôt que de la substitution. Moins de 10 % des interactions visent une automatisation complète d’une tâche.
L’IA : un facteur d’inégalités ?
L’étude souligne que plus de 86 % des interactions avec les outils IA de Google se font en dehors du cadre professionnel, souvent dans des activités domestiques et administratives. Cette valeur, bien que souvent négligée, pourrait représenter jusqu’à 149 milliards de dollars par an aux États-Unis, un potentiel économique non pris en compte dans le PIB.
De plus, l’usage de l’IA semble se concentrer chez les individus les plus aisés. Une augmentation de 1 % du salaire médian d’un métier est associée à une hausse de 2,5 % de l’usage de l’IA. Le salaire médian des utilisateurs de Gemini aux États-Unis est de 82 919 $, contre 62 252 $ dans la population active.
10 chiffres clés à retenir
Le rapport complet révèle de nombreux enseignements. Voici dix chiffres marquants :
- L’anglais ne représente qu’environ un tiers des conversations mondiales.
- Les métiers créatifs (design, médias, divertissement) ont un usage de l’IA 70 % supérieur dans les pays non membres de l’OCDE (15,9 %) par rapport aux pays membres (9,4 %).
- Seulement 3 % des métiers affichent une utilisation de l’IA sur plus de 75 % de leurs tâches.
- Près de la moitié des consultations IA relatives à la santé, au droit, à la finance ou aux services publics se déroulent en dehors des horaires de bureau.
- Dans 29 % des métiers, aucune tâche n’atteint un seuil d’utilisation significatif de l’IA.
- Les conversations professionnelles avec l’IA incluent deux fois plus d’images ou de vidéos générées dans les pays non membres de l’OCDE.
- La part de conversations dans une langue autre que la langue maternelle est similaire au travail (26 %) et en dehors (24 %).
- Les échanges professionnels avec l’IA sont en moyenne 35 % plus fréquents au Moyen-Orient que dans le reste du monde.
- Malgré un nombre élevé de diplômés en STEM, l’Inde et la Russie sont parmi les pays à la plus faible adoption de l’IA.
- Les tâches cognitives nécessitant le moins d’expertise sont plus représentées dans l’usage de l’IA.
Ces données soulignent les dynamiques variées de l’adoption de l’IA à travers le monde et les implications économiques qui en découlent.
Source : Google AI & Economy Atlas
