Les jeunes Québécois face à une criminalité en hausse malgré un faible taux global
Les Québécois se distinguent par un indice de gravité de la criminalité parmi les plus bas du Canada. Ce constat est mis en lumière par un rapport récent de Statistique Canada, qui révèle une diminution de 5 % de l’indice de gravité de la criminalité (IGC) en 2025, marquant ainsi deux années consécutives de baisse. Toutefois, une analyse plus approfondie des données indique que les jeunes Québécois sont de plus en plus criminalisés, un phénomène aggravé par la pandémie et l’influence des réseaux sociaux.
L’IGC, qui évalue la gravité des infractions en tenant compte de leur volume dans un secteur donné, montre que, bien que la tendance soit globalement à la baisse, les jeunes sont particulièrement touchés. En effet, l’indice de crimes violents a augmenté de 70 % entre 2015 et 2025 dans cette tranche d’âge.
Les facteurs contribuant à cette hausse incluent les effets résiduels de la pandémie, une consommation accrue de drogues, et un recrutement précoce pour des activités criminelles. Kingslyne Toussaint, directrice générale de l’Équipe RDP, souligne que de nombreux jeunes ayant grandi pendant la pandémie éprouvent des difficultés à développer des compétences sociales et à gérer les conflits.
La situation est également marquée par un changement de rapport à l’autorité. Les jeunes semblent moins réceptifs aux figures d’autorité et ne craignent pas les conséquences de leurs actes. Des témoignages d’intervenants de proximité révèlent que certains jeunes sont recrutés pour commettre des crimes, attirés par des gains financiers rapides.
Malgré ces défis, le Québec affiche un IGC de 62 en 2025, bien en dessous de la moyenne canadienne de 75, et seul l’Ontario fait mieux avec un IGC de 57. Cette situation est attribuée à des investissements historiques dans la prévention et à un réseau communautaire plus efficace, même s’il reste sous-financé.
Les grandes villes québécoises présentent également des taux de criminalité parmi les plus bas au Canada, avec Montréal se classant au cinquième rang. La tendance à la baisse des homicides se poursuit, ce qui est un signe positif.
Cependant, des experts comme Maria Mourani appellent à un meilleur financement des ressources communautaires pour renforcer la prévention et éviter que la criminalité opportuniste ne se pérennise.
Source : Statistique Canada
