Crise de l’automobile : Vagues de protestation chez Volkswagen et Mercedes
Les groupes automobiles allemands, à l’instar de leurs homologues français, font face à une baisse significative de la demande sur les marchés européens et américains, exacerbée par la montée de la concurrence chinoise. Le syndicat allemand IG Metall annonce une série de mobilisations pour défendre l’emploi et les acquis sociaux, dénonçant une priorité accordée aux dividendes des actionnaires au détriment des salariés. Des entreprises françaises, telles que Michelin et Renault, ont également prévu des suppressions de postes.
La crise du secteur automobile se manifeste par des plans sociaux, des fermetures de sites et des départs volontaires. IG Metall a averti que l’été et l’automne seraient marqués par des tensions avec les dirigeants d’entreprise, suite à une série d’annonces défavorables aux travailleurs. « Ils sont très en colère contre les constructeurs et contre le gouvernement, qui n’ont pas su anticiper cette crise et protéger les travailleurs », a déclaré Branislav Rugani, secrétaire confédéral du secteur Europe-International.
Le 3 juillet, environ 33 000 employés ont participé à une manifestation chez Mercedes-Benz, après l’annonce du report à 2027 d’une prime équivalente à 18,4 % du salaire mensuel. Martin Brudermüller, président du conseil de surveillance de Mercedes, a également évoqué la possibilité de porter la durée de travail à 40 heures par semaine, pour le même salaire, une proposition qui n’a pas trouvé d’écho favorable parmi les salariés.
50 000 postes potentiellement menacés chez Volkswagen
Volkswagen, symbole de l’industrie automobile allemande, fait face à de nouvelles menaces, à peine un an et demi après une restructuration majeure. Un accord signé fin 2024 prévoyait déjà la suppression de 35 000 postes d’ici 2030, avec 15 000 pertes d’emplois dans d’autres marques du groupe. Des fuites de documents laissent entrevoir jusqu’à 70 000 suppressions supplémentaires et quatre fermetures d’usines. Si ces suppressions dépassent les 100 000, cela constituerait l’un des plans sociaux les plus importants de l’histoire.
Le 9 juillet, la direction a présenté un plan de restructuration visant à réduire la production à neuf millions de véhicules par an, contre 10 millions actuellement, et à réduire son offre de modèles à 50 % des actuels.
Des emplois sacrifiés au nom de la rentabilité
La direction de Volkswagen doit naviguer avec prudence, car son conseil de surveillance inclut des représentants des salariés. Les récentes annonces pourraient être une stratégie pour obtenir des concessions des syndicats. Malgré une baisse de 4 % des ventes au premier trimestre 2026 par rapport à 2025, Volkswagen affiche un bénéfice net de 6,9 milliards d’euros, malgré une diminution de 44 %.
Michelin et Renault également dans la tourmente
La crise touche également Michelin, qui a annoncé la fermeture de son usine en Alabama d’ici 2028, menaçant 1 200 emplois, avec un coût estimé à 220 millions d’euros. En France, Michelin prévoit de supprimer 1 500 postes sur trois ans, tandis que Renault met en place un plan de départs volontaires touchant 800 ingénieurs sur 5 500.
Une concurrence chinoise mal anticipée
La montée en puissance de la concurrence chinoise se fait ressentir, avec des marques comme BYD ayant enregistré une augmentation de 315 % de leurs ventes en Allemagne entre janvier et juin. Les constructeurs chinois détiennent désormais plus de 10 % de part de marché en Europe.
Une réponse européenne qui tarde
L’Europe peine à répondre à cette concurrence, et les accords commerciaux limitent sa capacité à imposer des taxes. La situation pourrait inciter l’Allemagne à adopter une stratégie de souveraineté européenne. Cependant, des mes telles que l’Industrial Accelerator Act ne devraient entrer en vigueur qu’en 2029, laissant aux constructeurs chinois le temps de renforcer leur présence sur le marché européen.
Les luttes dans le secteur automobile, bien que nationales pour l’instant, pourraient nécessiter une mobilisation à l’échelle européenne, selon IG Metall.
Source : L’inFO militante, Force Ouvrière.
