Déficit de la France : le FMI appelle à un assainissement budgétaire nécessaire pour rester sous la barre des 3 % d’ici 2029
Le Fonds monétaire international (FMI) a souligné mercredi la nécessité d’un assainissement budgétaire crédible pour la France, soulignant que cet effort doit être réalisé sans nuire à la croissance et axé sur les dépenses. L’objectif est de ramener le déficit public sous les 3 % du PIB d’ici 2029.
Dans son analyse, le FMI a affirmé que « en l’absence de mes additionnelles », le rythme actuel de réformes est jugé « insuffisant » pour atteindre cet objectif. L’institution a recommandé un ajustement structurel important d’environ 0,8 % du PIB par an pour la période 2027-2029, qui pourrait ensuite être progressivement assoupli. Ces mes sont également jugées nécessaires pour maintenir un niveau de dette soutenable.
Cependant, des voix critiques s’élèvent, remettant en question la faisabilité de cet objectif, jugé à la fois ambitieux et potentiellement pénalisant pour la croissance.
Cette déclaration du FMI intervient peu après une révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale, la France étant concernée avec une prévision de croissance ramenée à 0,6 % pour 2026, soit une baisse de 0,3 point par rapport aux prévisions d’avril. Cette révision est attribuée à la baisse de la demande domestique et à l’inflation, exacerbée par la hausse des prix du pétrole due à la guerre au Proche-Orient.
Le gouvernement français maintient une prévision officielle de déficit public de 5 % du PIB pour 2026, mais des membres du gouvernement commencent à reconnaître que cet objectif pourrait être difficile à atteindre. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a exprimé son pessimisme concernant le respect des prévisions de déficit pour 2026 et 2027, tandis que le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a également souligné les défis à venir.
Actuellement, même si la France parvient à atteindre son objectif de 5 %, le déficit resterait supérieur à la limite de 3 % fixée par les règles européennes, ce qui place les finances publiques françaises sous la surveillance de Bruxelles. Les règles stipulent également que la dette publique ne doit pas dépasser 60 % du PIB, alors qu’elle s’élève actuellement à environ 117 % du PIB.
Sans intervention publique, des experts, comme François Ecalle, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, avertissent que la dette pourrait atteindre 130 % du PIB d’ici 2030, dépassant ainsi les niveaux de dettes observés en Grèce et en Italie.
Source : Le Parisien.
