Mort de Daniel Siad : « Très choquée » et « en colère », une plaignante réclame des réponses sur les causes de sa mort
Ebba Karlsson, ancienne mannequin, a exprimé sa profonde indignation après l’annonce de la mort de Daniel Siad, un recruteur français de mannequins accusé de viol. Siad a été retrouvé mort lundi soir à son domicile à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Karlsson avait porté plainte pour viol contre lui en février dernier, affirmant qu’il l’avait agressée au début des années 1990 en France.
Une enquête a été ouverte par le Parquet de Nanterre pour déterminer les causes de sa mort. « J’espère que les enquêteurs français feront tout ce qu’ils peuvent pour trouver les causes de sa mort. Car nous avions toutes peur qu’il meure », a déclaré Karlsson.
Daniel Siad, visé par plusieurs plaintes, notamment pour viol, faisait l’objet d’une enquête à Paris confiée à un office spécialisé dans la lutte contre la traite des êtres humains. Il avait toujours nié les accusations portées contre lui. Sa mort met fin aux poursuites pénales engagées à son encontre en France.
Homayra Sellier, présidente de l’association Innocence en danger, qui soutient les victimes dans des affaires similaires, a exprimé sa tristesse pour les plaignantes qui ont eu le courage de dénoncer Siad. « Je suis furieuse qu’il n’ait jamais été entendu par la justice française », a-t-elle ajouté, déplorant que « le seul de ce réseau qui habitait en France soit mort ».
Le nom de Daniel Siad apparaît plus de 2 000 fois dans les « Epstein Files », des documents judiciaires américains rendus publics par le département de la Justice des États-Unis. Sa disparition prive les plaignantes de la possibilité de le voir répondre devant la justice des faits qui lui étaient reprochés.
Maître Anne-Claire Lejeune, avocate de six plaignantes, a également déploré que Siad soit décédé avant d’avoir pu être entendu. Cela prive les victimes d’une étape essentielle dans leur quête de vérité et de justice.
L’affaire Siad, qui s’inscrit dans un contexte plus large de dénonciation des abus dans le milieu de la mode et des agressions sexuelles, continue de soulever des questions sur la protection des victimes et l’efficacité de la justice.
Source : Franceinfo
