Le token, angle mort budgétaire de l’IA
La facturation à l’usage, censée maîtriser les coûts de l’intelligence artificielle (IA), semble désormais les rendre incontrôlables. Cette situation s’illustre par l’exemple d’Uber, qui a épuisé son budget annuel d’IA dès la mi-avril 2026, quatre mois après le début de l’exercice. Les dirigeants de l’entreprise ont reconnu ne pas parvenir à établir un lien entre cette consommation croissante et une amélioration des services, soulevant ainsi des questions sur la valeur réelle des investissements en IA.
Ce phénomène est lié à un modèle économique en plein essor : la facturation « au token », qui indexe les coûts sur le volume de texte soumis, sans tenir compte des résultats obtenus. Un prompt court peut générer une décision de grande valeur, tandis qu’une requête longue peut n’apporter aucun bénéfice. Les entreprises tentent souvent de gérer cette situation par des quotas de tokens, mais cela peut restreindre l’accès aux utilisateurs ayant des besoins légitimes, tout en laissant d’autres consommer sans discernement.
Ce modèle de facturation, initialement conçu pour maximiser les profits des fournisseurs, ne s’aligne pas sur les intérêts des clients. Par exemple, OpenAI a récemment annoncé des pertes significatives, prévoyant des revenus de 3,7 milliards de dollars pour 2024, mais des pertes de près de 5 milliards. Aucun acteur majeur n’a encore prouvé la viabilité économique de ce modèle.
Pour remédier à cette situation, il est proposé de changer d’unité de me en se basant sur l’infrastructure plutôt que sur la consommation. Cela permettrait de rendre les coûts prévisibles et de gérer la performance, tout en conservant le contrôle sur les informations sensibles.
Les entreprises doivent également rester flexibles dans leurs choix, en évitant de s’enfermer dans des solutions exclusives. L’innovation dans le domaine de l’IA est largement portée par le logiciel libre, ce qui témoigne de l’importance de l’ouverture.
En somme, la gestion des coûts de l’IA ne doit pas entraver l’innovation, mais plutôt en asr la durabilité à long terme.
Source : Journal du Net
