Loi d’urgence agricole : adoption par le Parlement et démission annoncée de Monique Barbut
Le Parlement français a adopté la Loi d’urgence agricole dans la nuit, avec un vote large à l’Assemblée nationale, suivi par une approbation du Sénat (214 voix pour, 111 voix contre). Ce texte, qui comprend près de 70 articles, aborde des thèmes variés tels que la souveraineté alimentaire, la gestion de l’eau, l’élevage et l’utilisation de pesticides. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a salué cette adoption, soulignant son importance pour le secteur.
Cependant, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé son intention de démissionner avant le Conseil des ministres prévu mercredi. Elle a exprimé son désaccord avec certaines mes du texte, notamment celles concernant la réintroduction dérogatoire de pesticides, qui sont autorisés dans l’UE mais interdits en France. Barbut a déclaré : « Dans ma tête, je n’ai pas d’autre option que de remettre ma démission. »
Le texte permet à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire, sous certaines conditions, des produits comme l’acétamipride et le flupyradifurone pour des filières en difficulté. Cette décision a suscité des divisions au sein de l’exécutif et des critiques de la part de certains députés, qui ont suggéré de retirer ces mes par amendement, proposition que le gouvernement a rejetée.
Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui avait tenté de réintroduire l’acétamipride avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel, la résurgence de cette option reste controversée. Le Sénat a ajouté des amendements permettant la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits, une décision qui a été défendue par Annie Genevard.
De nombreuses ONG environnementales, dont Greenpeace, ont dénoncé ce vote, affirmant que le gouvernement et ses alliés « piétinent la science, la santé, l’environnement et la volonté citoyenne ».
Source : Sud Ouest
