Un nouveau prix George Sand voit le jour : huit romancières en lice

Un nouveau prix George Sand voit le jour : huit romancières en lice

George Sand, déjà honorée par un concours de nouvelles, se voit désormais attribuer un prix consacré au roman. Créée en juin 2025, l’association Prix George Sand a pour mission d’organiser une récompense littéraire d’envergure européenne, en lien avec la dynamique de Bourges, qui sera Capitale européenne de la Culture en 2028.

Cette première édition coïncide avec l’Année George Sand 2026, marquant le 150e anniversaire de la disparition de l’écrivaine. Dans le Berry et à travers la France, diverses manifestations telles que des expositions, rencontres et spectacles accompagnent cette commémoration nationale.

Le prix vise à récompenser une autrice ou un auteur écrivant en français, ou dont le roman a été traduit en français, pour une œuvre qui reflète les valeurs de George Sand : émancipation, progrès social et lien avec les territoires. Le comité de sélection, réuni à la bibliothèque Alain-Fournier de Mehun-sur-Yèvre, a retenu huit titres pour cette première édition, tous signés par des femmes.

La première sélection

  1. L’Île des femmes, de Mona Azzam (Ex Æquo) : un roman choral en Sicile, donnant la parole à des femmes influencées par la Cosa Nostra.
  2. Si nous n’étions captives, de Cécile Chabaud (L’Archipel) : une réflexion sur Claire de Duras et Ourika de Beauvau, inspirée d’une enfant sénégalaise, à paraître le 27 août.
  3. La Guérisseuse de Catane, de Simona Lo Iacono, traduit par Serge Quadruppani (Métailié) : inspiré des procès d’une femme médecin au XIVe siècle en Sicile.
  4. Toute la misère du monde, d’Isabelle Mayault (Gallimard) : le récit d’une assesseure de la Cour nationale du droit d’asile, confrontée à des récits de fuite.
  5. Les Enracinés, de Claire Norton (Robert Laffont) : l’histoire d’une jeune paysanne bretonne en quête d’émancipation, à paraître le 13 août.
  6. Eugénie sous les bombes, d’Anne Percin (Buchet-Chastel) : retraçant l’histoire d’un couple vosgien durant la Première Guerre mondiale, à paraître le 20 août.
  7. Mado des oiseaux, de Sylvie Pérenne (Calmann-Lévy) : une enfant placée qui s’engage écologiquement à travers la nature.
  8. Gaby la Magnifique, d’Aurélie Tramier (Michel Lafon) : la vie de Gaby Deslys, vedette du music-hall du début du XXe siècle.

Une vision littéraire engagée

Thierry Poyet, membre du jury, souligne que le prix ne cherche pas à reproduire l’univers de Sand, mais à retrouver des dimensions de son héritage dans la littérature contemporaine. Il affirme que George Sand incarne « une certaine liberté au féminin » et un engagement littéraire dans la société.

Le jury, composé de dix personnalités du monde littéraire et académique, se réunira le 20 octobre pour discuter des œuvres avant la remise du prix prévue le 14 novembre à Bourges. Michelle Perrot, historienne et spécialiste de George Sand, est la présidente d’honneur du jury.

Un héritage vivant

Thierry Poyet rappelle que George Sand, longtemps perçue comme « une écrivaine de seconde zone », a pourtant une œuvre riche englobant le romantisme, le théâtre et l’engagement politique. Sa redécouverte actuelle permet de mieux apprécier son impact sur la littérature et la société.

La première lauréate du prix George Sand sera annoncée le 14 novembre à Bourges.

Source : ActuaLitté

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