SEB renforce sa présence en Chine tout en réduisant ses effectifs en Europe
SEB, leader mondial du petit électroménager, a annoncé en février le lancement d’un plan intitulé « Rebond », visant à « retrouver une trajectoire de croissance rentable ». Ce plan inclut des investissements dans l’innovation et le marketing, ainsi qu’un programme de réduction de coûts de 200 millions d’euros d’ici fin 2027, entraînant la suppression de 2 100 postes à l’échelle mondiale, dont 1 400 en Europe et 500 en France.
Contrairement à l’Allemagne, où des sites industriels seront fermés, les coupes en France toucheront principalement les fonctions supports, la recherche et développement (R&D) et l’informatique. Parallèlement, SEB accélère son implantation en Chine avec l’ouverture d’un nouveau centre de recherche, suscitant des interrogations sur la justification des suppressions de postes en Europe.
Historique de l’expansion internationale de SEB
Fondé en 1857 près de Dijon, SEB a rapidement compris que sa croissance passerait par l’internationalisation. La stratégie d’acquisition de concurrents a débuté en France avec Tefal en 1968, suivi par Calor en 1972, puis à l’étranger avec des entreprises comme le brésilien Arno en 1997 et WMF en 2016. Un tournant majeur a été la prise de contrôle de Supor en 2006, permettant au groupe d’accéder à un marché chinois en plein essor. Entre 2008 et 2025, la part des ventes en Asie-Pacifique est passée de 7 % à 33 %, tandis que celles en France ont chuté de 23 % à 13 %.
Délocalisation de la production et de la R&D
SEB a également délocalisé une partie de sa production en Chine, avec la fermeture de trois usines en France en 2006, entraînant la perte de 890 emplois. Actuellement, bien que 28 des 47 sites du groupe soient encore en Europe, le continent représente moins d’un quart de la production totale de SEB.
En parallèle, le groupe a transféré une partie de sa R&D en Chine. Un nouveau site d’innovation à Shaoxing, opérationnel depuis début 2026, a été inauguré, incluant un centre de R&D, un service achats et une unité de production. Les sites français de Mayenne et Ecully devraient voir une réduction de leurs effectifs.
Impact sur l’emploi et les finances
Les effectifs en France, qui comptent 6 500 salariés, ne représenteront qu’un cinquième du total en 2025, contre la moitié avant l’acquisition de Supor. En revanche, SEB emploie près de 11 000 personnes en Chine, dont 1 407 dans la R&D, soit une centaine de plus qu’en Europe.
Bien que SEB ait enregistré une baisse de 100 millions d’euros (-1 %) de ses ventes et un recul de 200 millions d’euros (-25 %) de son résultat opérationnel en 2025, les ventes totales ont triplé en vingt ans. En France, le secteur du petit électroménager a progressé de 2,9 % en 2025, malgré des défis tels que le scandale des PFAS.
Enfin, le plan « Rebond » n’affectera pas les dividendes, qui resteront à 2,80 € par action, représentant un taux de distribution des profits d’environ 65 %.
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