L’Univers serait-il plus jeune que prévu ? Le désaccord qui ébranle nos certitudes
Depuis quelques années, la « tension de Hubble » suscite de vives discussions dans la communauté scientifique. Ce phénomène pourrait impliquer une révision des concepts de physique et une nouvelle compréhension de l’énergie noire, supposée accélérer l’expansion du cosmos observable depuis 5 à 7 milliards d’années. Cependant, les répercussions de cette tension sur l’âge de l’Univers sont moins souvent abordées. Une récente prépublication sur arXiv, dirigée par Indranil Banik de l’Université de Portsmouth, mérite d’être examinée de près.
La tension de Hubble découle de la détermination de la constante de Hubble-Lemaître (H₀) par deux méthodes distinctes. Cette constante relie la distance d’une galaxie à la Voie lactée à la me du décalage spectral vers le rouge de la lumière émise par cette galaxie, un effet de l’expansion de l’espace selon la relativité générale. Les résultats obtenus révèlent un écart d’environ 9 % entre les deux méthodes de me.
D’une part, les estimations basées sur le rayonnement fossile, émis des centaines de milliers d’années après le Big Bang, placent l’âge de l’Univers à environ 13,8 milliards d’années. D’autre part, les études des supernovae de type Ia indiquent un âge compris entre 12,5 et 12,9 milliards d’années. Ces différences soulèvent des questions fondamentales sur notre compréhension de l’évolution cosmique.
Les équipes derrière ces deux approches, y compris celle de la mission Planck et celle du prix Nobel Adam Riess, ont validé leurs mes à plusieurs reprises, réduisant la probabilité d’erreurs. Ainsi, la nécessité de revoir notre description de l’Univers pourrait être impérative, que ce soit pour les milliards d’années passées ou pour les premières centaines de millions d’années de son histoire.
Une solution envisagée pourrait consister à faire varier la constante cosmologique, généralement interprétée comme un signe de l’énergie noire. Cette densité pourrait ne pas être constante dans le temps, ce qui est envisageable avec des modèles d’énergie noire variable.
Indranil Banik et son équipe ont évalué l’âge de plus de 155 000 étoiles de la Voie lactée grâce aux observations des instruments de Lamost et de la mission Gaia de l’Agence spatiale européenne. Ils ont trouvé que les étoiles les plus anciennes de notre galaxie ont environ 13,73 milliards d’années, avec une incertitude d’environ +0,18/-0,15 milliard d’années. Ce chiffre concorde avec les estimations basées sur le rayonnement fossile, en tenant compte d’une période de 200 millions d’années nécessaire à la formation des premières étoiles après le Big Bang.
Cette recherche souligne l’importance de réexaminer nos modèles cosmologiques et d’envisager de nouvelles perspectives sur l’âge et l’évolution de l’Univers.
Source : Futura Sciences, arXiv.
