Concert interrompu de Barbara Butch par des manifestants pro-palestiniens : La France insoumise sous le feu des critiques
Le concert de la DJ française Barbara Butch, prévu samedi 18 juillet à Grenoble, a été interrompu par des militants pro-palestiniens, entraînant des réactions politiques vives et variées. La mairie de Grenoble a annoncé son intention de porter plainte, qualifiant les événements de « d’une extrême gravité », selon la maire Laurence Ruffin.
Depuis mai, le concert faisait l’objet d’un appel au boycott, notamment de l’antenne grenobloise de La France insoumise (LFI). Ce mouvement reprochait à l’artiste, de confession juive, d’avoir signé une tribune en faveur d’une proposition de loi controversée visant à lutter contre l’antisémitisme, qui a depuis été retirée. Cet appel n’a pas reçu le soutien des figures nationales de LFI.
Environ vingt minutes après le début du concert, la mairie a décidé de le suspendre pour des raisons de sécurité. Barbara Butch a reconnu avoir eu des regrets sur sa participation à la tribune, évoquant des expériences d’antisémitisme depuis son enfance.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fermement condamné les violences et a affirmé que « l’antisémitisme, les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République. » Il a qualifié l’interruption du concert d’atteinte inacceptable à la liberté d’expression. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a également exprimé sa révolte face à cette situation.
Les critiques envers LFI se sont intensifiées, y compris de la part de personnalités de gauche. Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, a déclaré que ces méthodes ne servaient pas la cause palestinienne. D’autres, comme Clémentine Autain, ont souligné que Barbara Butch est engagée dans des luttes contre la grossophobie et pour les droits LGBTQI+.
Du côté de LFI, Allan Brunon, élu à la mairie de Grenoble, a défendu la manifestation, la qualifiant de « pacifique ». Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a également insisté sur le caractère pacifique de la protestation, tout en reconnaissant que des actions sortant du cadre pacifique seraient inacceptables.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé une « chasse aux artistes juifs » et a appelé le ministère de la Culture à agir contre le boycott des artistes. Barbara Butch, qui a récemment été victime de cyberharcèlement, a déjà fait l’objet d’attaques violentes en raison de son engagement.
Source : LCP.
