On sent que ce n’est pas une bonne idée : l’inquiétant succès des influenceuses générées par IA
Depuis avril 2024, Laila Khadraa, une influenceuse générée par intelligence artificielle, partage des photos d’elle sur son compte Instagram. Elle est souvent vue arpentant les rues de Casablanca, cuisinant dans sa cuisine en faïence, ou prenant des selfies avec des vêtements de sport. Son apparence, avec des boucles parfaites, une peau immaculée et un corps musclé, représente une norme de beauté inaccessibile.
Réseaux sociaux : 40 à 60 % du contenu de certaines marques seraient générés par intelligence artificielle
Laila Khadraa n’est pas un cas isolé. Une enquête du média britannique The Guardian révèle que 40 à 60 % du contenu diffusé par certaines marques sur les réseaux sociaux est généré par intelligence artificielle, parfois à travers des influenceurs humanoïdes. Ces avatars sont disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et ne demandent pas d’augmentation de salaire, rendant difficile la concurrence pour les influenceurs humains.
Influenceuses générées par IA : quels risques pour nos adolescentes ?
La présence de ces figures idéalisées sur les réseaux sociaux soulève des inquiétudes, notamment pour les jeunes. Vincent Joly, psychologue spécialisé dans le suivi de l’enfant et de l’adolescent, souligne que ces modèles d’identification non humains peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des adolescents. Il s’interroge sur l’absence de précautions réglementaires concernant ces innovations, tout en comparant cela à des normes strictes pour des produits affectant la santé physique.
En France, une loi impose la mention « Contenu généré par intelligence artificielle » sur les publicités utilisant l’IA, avec des amendes pouvant atteindre 300 000 euros. À partir d’août 2026, l’AI Act de l’Union européenne exigera une labellisation claire pour tout avatar généré par IA jugé « faussement authentique ».
Vincent Joly met en garde contre les risques accrus de troubles du comportement alimentaire et de troubles anxiodépressifs, ainsi que la baisse de l’estime de soi chez les jeunes exposés à ces standards de beauté inaccessibles. Pour atténuer ces risques, il recommande de limiter l’exposition des jeunes aux réseaux sociaux et d’encourager des discussions sur les idéaux physiques véhiculés dans la société.
Source : The Guardian
