Minéraux critiques: le continent africain cherche à tirer son épingle du jeu - Afrique économie

Minéraux critiques : le continent africain cherche à tirer son épingle du jeu

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a récemment publié son rapport annuel, soulignant les tensions croissantes sur la disponibilité des minéraux critiques et une augmentation significative des prix de certains d’entre eux. Le continent africain, riche en ressources, est un acteur central dans cette compétition mondiale et explore diverses stratégies pour en maximiser les bénéfices.

En 2025, une hausse des prix de nombreux métaux critiques a été observée. Selon Tim Gould, économiste en chef de l’AIE, « les prix des métaux de base tels que l’aluminium, le cuivre et l’étain ont augmenté d’un tiers entre janvier 2025 et avril 2026, avec des cours du cuivre atteignant des sommets. Les prix des matériaux destinés aux batteries ont également rebondi après une baisse en 2023 et 2024 ». Les conflits au Moyen-Orient ont contribué à cette situation, mais d’autres facteurs sont également en jeu. Les prix du lithium ont plus que doublé, tandis que ceux du cobalt ont augmenté d’environ 130%, en grande partie en raison des restrictions à l’exportation imposées par la République démocratique du Congo (RDC).

Après avoir suspendu les exportations de cobalt, la RDC a instauré un système de quotas. Ce pays n’est pas le seul à utiliser ce levier ; d’autres nations africaines, comme le Zimbabwe et le Mozambique, ont également mis en place des restrictions commerciales sur des minerais critiques tels que le lithium et le graphite.

Madagascar mise sur son graphite

Malgré une baisse des dépenses dans l’exploration minière, certains pays, comme Madagascar, profitent de l’engouement pour certains minerais. Au début de l’année, Madagascar a levé son moratoire sur les permis miniers, ouvrant ainsi la voie aux investisseurs, en particulier dans le secteur du graphite, actuellement dominé par la Chine. Jean-Jacques Young, consultant minier, explique que « les pays occidentaux, qu’ils soient Européens, Canadiens, Américains ou Australiens, recherchent des ressources en graphite, dont Madagascar dispose. Cela pourrait permettre d’acquérir une certaine indépendance vis-à-vis de la Chine ».

Madagascar, qui possède l’une des trois plus grandes réserves mondiales de graphite, est bien positionnée. L’expert souligne que « les réserves sont réparties sur plusieurs territoires dans le pays », ce qui attire l’intérêt des investisseurs pour le développement de projets de mines de graphite.

Cependant, les États africains restent largement dépendants des investissements étrangers et souffrent d’un manque d’infrastructures énergétiques. À moyen terme, beaucoup d’entre eux misent sur la transformation locale des ressources pour augmenter les profits tirés de leur sous-sol.

Source : RFI

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