Société. Affaire Jubillar, Dupont de Ligonnès : pourquoi les lieux de drame attirent autant de curieux

Affaire Jubillar, Dupont de Ligonnès : Pourquoi les lieux de drame attirent autant de curieux

Les fouilles pour retrouver les ossements de Delphine Aussaguel, dont l’identité a été confirmée, se sont achevées vendredi dernier à Mailhoc (Tarn). Dès le soir même, plusieurs curieux se sont précipités sur place. Pour mettre fin à ces visites inappropriées, la municipalité a pris un arrêté interdisant l’accès au secteur jusqu’au 31 juillet.

Cet intérêt pour les scènes de crimes ou les lieux d’enquête criminelle n’est pas un phénomène récent. Mathias Roux, enseignant de philosophie à l’Université de Bordeaux et coauteur de l’ouvrage Le goût du crime, rappelle qu’en 1869, après l’assassinat d’une famille par Jean-Baptiste Troppmann à Pantin, des centaines de curieux avaient déjà afflué sur les lieux.

Les réseaux sociaux, caisse de résonance

Aujourd’hui, ce tourisme macabre a pris une ampleur sans précédent. Le village de Lépanges-sur-Vologne, où a vécu le petit Grégory Villemin, attire des visiteurs de toute la France. De même, la maison de la famille Dupont de Ligonnès à Nantes, où cinq corps ont été retrouvés en 2011, suscite toujours la curiosité des passants, qui prennent des photos et interrogent les riverains.

Des sites longtemps interdits au public, comme le collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon, fermé depuis 2014 après le meurtre d’Agnès Marin, sont également devenus des destinations pour les passionnés d’urbex. Des vidéos de ces lieux circulent sur les réseaux sociaux, et des visites guidées sont même proposées dans plusieurs villes pour explorer les rues où se sont déroulés des drames célèbres.

Conséquences

L’information en continu et la prolifération de documentaires, de séries et de films sur les crimes alimentent cet intérêt croissant pour les faits divers. Mathias Roux souligne que la mise en scène de soi à ces endroits, à travers des selfies ou des vidéos, reflète une société du spectacle où la frontière entre fiction et réalité est floue. Certaines chaînes YouTube intensifient cette dynamique en collectant des images des lieux de tragédie.

Au-delà de la simple curiosité morbide, cette tendance témoigne d’un public qui aspire à devenir acteur des enquêtes criminelles. L’épisode récent à Mailhoc, où des individus ont cru découvrir de nouveaux ossements, illustre ce phénomène, puisque les restes s’avéraient être ceux d’animaux.

L’intérêt pour ces affaires criminelles semble persister, selon Mathias Roux, qui indique que les faits divers permettent de détourner l’attention des véritables enjeux politiques, écologiques et économiques qui préoccupent la société.

Source : La Alsace

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *