Procès en appel de quatre militants écologistes opposés à Lafarge :

Le 10 décembre 2023, une centaine de militants écologistes s’étaient introduits sur le site industriel de Lafarge à Val-de-Reuil, provoquant des dégradations. Le recours de quatre d’entre eux, condamnés à de la prison avec sursis, est examiné.

La cour d’appel de Rouen (Seine-Maritime) examine le recours de quatre militants écologistes, ces lundi 1er juin et mardi 2 juin 2026. Ils avaient été condamnés en décembre 2024 entre six et dix mois de prison, tous avec sursis, au tribunal judiciaire d’Évreux.

L’affaire remonte au 10 décembre 2023, lorsqu’une centaine de militants s’étaient introduits sur le site industriel de Lafarge à Val-de-Reuil (Eure). Ils avaient provoqué des dégradations estimées à plus de 450 000 euros par l’entreprise.

Sur les neuf individus jugés en première instance, cinq avaient été relaxés. En tout, 17 personnes avaient été interpellées par la police antiterroriste en avril 2024, dans des conditions dénoncées par les associations et groupes politiques soutenant les militants.

« La SDAT, (NDLR : sous-direction antiterroriste) est intervenue avec des méthodes d’interpellation réservées d’habitude à des vrais terroristes » estime David Cormand, député européen EELV, présent au rassemblement organisé ce lundi matin par le collectif de soutien aux quatre militants.

Lors de l’audience de décembre 2024, les neuf prévenus avaient raconté chacun leur tour les interpellations musclées, les perquisitions violentes et les gardes à vue choquantes qu’ils auraient vécues.

« Ces personnes et leurs familles ont été braquées avec des armes au réveil« , selon David Cormand, qui voit dans cette « démonstration de violence » un « signal extrêmement inquiétant« .

Les militants écologistes estiment que « l’utilisation de la SDAT, c’est politique, pour nous faire taire« . De même que l’usage du mot « écoterroriste » par Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur à l’époque. Par ce mot, « l’objectif est de dénigrer et de criminaliser » le combat écologiste, selon David Cormand.

Ce dernier dénonce la « disproportion » entre l’interpellation de ces militants et la procédure concernant Bruno Lafond, ancien PDG du cimentier Lafarge, condamné le 13 avril 2026 à six ans de prison pour financement du terrorisme en Syrie. « Il s’est rendu à sa garde à vue en taxi! » s’étonne le député. Selon lui, « pour le pouvoir politique, l’ennemi, c’est l’écologie« .

Lors de la première audience de décembre 2024, le procureur de la République avait refusé l’utilisation du terme d’écoterroriste pour qualifier ces neuf prévenus, et avait souligné de lui-même l’urgence climatique, indiquant que leur combat pour l’environnement était « légitime« .

« J’espère que la justice ne va pas suivre la pression politique qui est faite« , explique David Cormand. Les quatre prévenus demandent à la cour d’appel de Rouen de prononcer leur relaxe définitive.

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