Des hommes à l’aise avec leurs émotions

Des hommes à l’aise avec leurs émotions

Il y a quelques jours, le quotidien Le Monde publiait un reportage intitulé « Pourquoi les hommes ne pleurent (toujours) pas ». Cet article mettait en lumière des témoignages d’hommes qui cachent leur peine, ainsi que des situations où les larmes sont acceptées, souvent en lien avec le sport. Il soulignait également qu’à l’exception de Barack Obama, peu de chefs d’État ont été vus en pleurs.

L’article expliquait que la répression des émotions masculines est un phénomène relativement récent, remontant au XIXe siècle, lorsque la maîtrise de soi a été valorisée chez les hommes. Ce siècle a marqué un tournant pour le contrôle en général, influençant la gestion du temps et la productivité avec l’essor des machines durant la révolution industrielle.

Cependant, au Québec, de nombreux hommes ont déjà montré leurs émotions en public, notamment des politiciens. Le maire de Montréal, Jean Doré, a été le premier à pleurer publiquement en décembre 1989, en réaction au féminicide de Polytechnique. Son émotion face à la misogynie du tueur et à la tragédie a marqué les esprits, surtout à une époque où le sujet était encore tabou.

Depuis, des hommes politiques, tels que le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette et l’ancien premier ministre François Legault, ont également montré leur vulnérabilité lors de discours. À la télévision, des émissions comme En direct de l’univers reflètent cette tendance, où les larmes des hommes sont devenues courantes, en particulier lors d’épisodes touchants.

Dans le cadre de l’émission 24 en 24, diffusée à TVA, des chefs s’affrontent dans des défis culinaires. Récemment, Olivier Louissaint, connu sous le nom de Chef Oli, a montré une facette de sa vulnérabilité en avouant son ignorance sur un plat, l’île flottante. Sa franchise a été saluée, soulignant qu’il n’y a pas de honte à ne pas savoir, même parmi les meilleurs.

Le lendemain, le commentateur politique Jonathan Trudeau a partagé ses propres craintes lors de son changement de carrière, évoquant un trouble anxieux paralysant qu’il avait précédemment partagé sur les réseaux sociaux. Sa transparence et celle d’autres figures publiques contribuent à un changement de mentalité, permettant à davantage d’hommes de s’éloigner des stéréotypes traditionnels.

Ces évolutions témoignent d’un changement dans la société québécoise, où les hommes semblent de plus en plus à l’aise avec leurs émotions, marquant des avancées significatives vers une acceptation plus large de la vulnérabilité masculine.

Source : Le Monde

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