Maroc : Le journaliste Ali Lmrabet en détention, l’Association nationale des droits humains s’insurge
Au Maroc, le journaliste Ali Lmrabet a passé une nouvelle nuit en détention. Figure de la presse indépendante vivant en exil depuis plusieurs années, il a été interpellé à son entrée sur le territoire marocain le 12 juillet alors qu’il venait d’Espagne. Il est accusé de « diffusion présumée de fausses informations », selon Reporters sans frontières (RSF). Transféré à la Brigade nationale de la police judiciaire pour y être auditionné, il s’y trouvait toujours le 13 juillet au soir, d’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH).
Cette arrestation s’est faite sur la base de plusieurs avis de recherche émis contre Ali Lmrabet, selon un communiqué du procureur du Roi diffusé par l’agence de presse marocaine dans la nuit du 13 au 14 juillet 2026. Le même document indique que le journaliste a été transféré au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca pour y être auditionné.
Hakim Sikouk, président de la section de Rabat de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), dénonce une arrestation arbitraire : « D’après les informations dont nous disposons jusqu’à présent, Ali a été arrêté à la suite de plusieurs plaintes déposées contre lui par différentes personnes qui l’accusent de diffamation et de diffusion de fausses informations. »
Ali Lmrabet, exilé à l’étranger depuis plusieurs années, avait été interdit d’exercer le journalisme au Maroc entre avril 2005 et avril 2015, à la suite de déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf. Il a déjà été emprisonné en 2003 pour « outrage au Roi ».
« Nous attendons le communiqué du parquet afin de savoir s’il sera poursuivi en liberté ou bien placé en détention, ou si sa garde à vue sera prolongée », souligne Hakim Sikouk.
Oussama Bouagila, directeur du bureau Afrique du Nord de l’association Reporters sans frontières (RSF), s’insurge : « Rien n’explique le placement d’un journaliste en prison à cause de son activité journalistique. » Il ajoute : « Poursuivre un journaliste critique pour avoir exercé son métier, ce n’est pas une application de la loi. C’est au contraire une répression politique qu’on dénonce. »
Selon les informations de l’Association marocaine des droits humains, Ali Lmrabet doit comparaître devant le procureur ce mardi matin.
Source : Reporters sans frontières, Association marocaine des droits humains.
