Ce qui était autrefois interdit porte maintenant l’uniforme
Pendant de nombreuses années au Canada, les pratiques spirituelles autochtones n’étaient pas simplement mal comprises ; elles étaient illégales. La Loi sur les Indiens ne se limitait pas à contrôler les terres, le statut et la gouvernance, mais s’immisçait également dans le sacré. Elle dictait aux peuples autochtones quand ils pouvaient se rassembler, comment ils pouvaient faire leur deuil, quelles cérémonies ils pouvaient pratiquer et quelles parties d’eux-mêmes ils devaient garder cachées. Bien que la loi ait changé, les mentalités évoluent plus lentement. Pendant longtemps, la spiritualité autochtone a été tolérée en marge des institutions, sans véritable reconnaissance.
Aujourd’hui, alors que le Canada aborde les questions de réconciliation, certaines personnes expriment une résistance croissante, arguant que les peuples autochtones ont reçu trop de reconnaissance et d’attention. Cependant, la reconnaissance ne doit pas être perçue comme un avantage, mais plutôt comme une validation de ce qui était autrefois interdit.
Dans ce contexte, un moment récent a marqué une étape significative pour Robert Falcon Ouellette, anthropologue et membre de la nation crie Red Pheasant. Après près de 30 ans de service au sein des Forces armées canadiennes (FAC), il est devenu le premier aumônier et Gardien du savoir autochtone des Forces. Cette avancée symbolise une intégration des pratiques spirituelles autochtones dans le cadre militaire, permettant aux militaires autochtones de conserver leur identité tout en servant leur pays.
Ouellette souligne que la reconnaissance des soins spirituels autochtones dans l’armée indique que les militaires n’ont pas à laisser leur culture ou leurs traditions à la porte de l’uniforme. Il évoque également l’importance de la responsabilité collective et de la prise en charge des autres, des valeurs fondamentales qui transcendent les rôles militaires.
La présence autochtone au sein des FAC, qui existe depuis des générations, est désormais mieux intégrée, témoignant d’une évolution des mentalités et d’une reconnaissance croissante des contributions autochtones au sein de l’armée canadienne.
Source : Article original de Radio-Canada.
