Le rétablissement du réseau électrique avance lentement à Cuba après une nouvelle panne générale, la deuxième en moins d’une semaine, faute de carburant.
Il s’agit de la quatrième coupure générale en moins de six mois et la neuvième depuis fin 2024, sur une île qui dépend à 90 % des hydrocarbures importés pour son électricité. La Havane impute la crise au « blocus pétrolier » imposé par Washington depuis janvier, sur fond de tensions ravivées par la capture de Nicolás Maduro.
Par Jordane Bertrand, La Havane, Cuba
Le rétablissement du réseau électrique à Cuba progresse lentement après une nouvelle panne générale, survenue vendredi, en raison du manque de carburant lié au blocus pétrolier américain. Plus de 24 heures après cette déconnexion totale, seulement 12 % des foyers de La Havane (1,7 million d’habitants) avaient retrouvé de l’électricité en début de soirée samedi, selon la compagnie nationale d’électricité (UNE). À la mi-journée, ce chiffre était de 7 %.
Félix Estrada, dirigeant de l’UNE, a déclaré à la télévision cubaine qu’une « chute partielle du système » survenue dans la nuit de samedi avait contraint les équipes à recommencer les travaux de rétablissement. « Le rétablissement se fait progressivement dans la me où les conditions le permettent », a-t-il précisé.
La situation s’aggrave alors que la chaleur estivale s’intensifie. Les habitants expriment leur lassitude face à ces coupures incessantes. Eneyda Gomez, une retraitée de 71 ans, a déclaré : « Que puis-je faire ? Je ne peux rien faire, m’adapter pour continuer à vivre dans ce pays, malheureusement. Je ne peux plus rien faire. » Pedro Martinez, 63 ans, renchérit en disant que la population a atteint un « niveau de stress insupportable ».
La déconnexion du réseau a été causée par une panne dans le centre de l’île, juste deux jours après que la compagnie avait réussi à rétablir le courant suite à une précédente coupure. Le président Miguel Diaz-Canel a reconnu que cette situation « très complexe » était exacerbée par le blocus pétrolier américain.
La pénurie de carburant rend le réseau électrique plus vulnérable aux pannes et ralentit les travaux de rétablissement, empêchant l’utilisation de générateurs de secours. Depuis janvier, un seul pétrolier russe chargé de 100 000 tonnes de pétrole brut a été autorisé à entrer, et ces réserves sont désormais épuisées.
Les coupures d’électricité, qui peuvent durer plus de 30 heures à La Havane et plusieurs jours en province, sont attribuées à la vétusté des infrastructures et à la pénurie de carburant, aggravée par les sanctions américaines. Malgré un programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans, la crise économique persiste.
Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont considérablement détériorées depuis le début de l’année, notamment après la capture de Nicolás Maduro. En plus du blocus pétrolier, Washington a imposé des sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, ce qui a eu un impact sur le secteur touristique.
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