Présidentielle en Colombie : reformes sociales ou

Présidentielle en Colombie : Réformes sociales ou « paix totale ». quel bilan pour Gustavo Petro ?

Le 19 juin 2022, Gustavo Petro a été élu président de la Colombie, marquant un tournant historique pour un pays longtemps dominé par la droite. Cette victoire a eu lieu dans un contexte de mécontentement social, amplifié par des manifestations contre les inégalités et la pauvreté. Petro a pris ses fonctions le 7 août 2022, sous l’égide de son mouvement, le Pacte historique.

À l’approche des élections présidentielles de mai 2026, le bilan de Petro apparaît contrasté. Bien qu’il ne puisse pas se représenter en raison d’une réforme constitutionnelle, il laisse un pays toujours affecté par la violence, mais également marqué par des avancées sociales significatives.

Ivan Cepeda, sénateur de gauche et héritier politique de Petro, est actuellement le favori des sondages. Il promet de poursuivre les réformes sociales et d’engager des négociations avec les groupes armés. En face, Abelardo de la Espriella, un avocat d’extrême droite, adopte une posture sécuritaire stricte contre la guérilla et le narcotrafic.

Une paix qui n’est jamais « totale »

La promesse phare de Gustavo Petro était la « paix totale », visant à renforcer l’accord de paix de 2016 avec les Farc. Cependant, sa stratégie a été entravée par la complexité de la situation sécuritaire en Colombie. Selon un rapport de la Fondation Idées pour la paix, le taux d’homicides a augmenté de 7 % et le nombre de massacres a bondi de 105 % sous son mandat.

Kyle Johnson, directeur académique de la fondation Conflict Responses, souligne que la politique de sécurité a été entravée par un manque de coordination et une absence de critères clairs. Petro a tenté d’initier des négociations avec des groupes armés actifs, mais a finalement dû revenir à une approche sécuritaire plus traditionnelle.

Des réformes au cœur de l’héritage Petro

Malgré l’inachèvement de la « paix totale », Petro peut revendiquer des avancées sociales notables. Son administration a proposé des réformes dans le travail, la santé et les retraites, visant à réduire les inégalités dans un pays parmi les plus inégalitaires d’Amérique latine. Par exemple, une augmentation de 23 % du salaire minimum a été décrétée fin 2025, et des révisions des heures supplémentaires ont été mises en place.

Cependant, ses adversaires critiquent ces politiques, les qualifiant de coûteuses et insoutenables. Ils mettent en avant une croissance économique inférieure aux attentes et une détérioration des finances publiques, tout en rappelant que près de la moitié des travailleurs colombiens sont dans l’économie informelle.

Une diplomatie conflictuelle

Sur la scène internationale, Petro a plaidé pour une nouvelle approche de la lutte antidrogue et a mis l’accent sur la défense de l’environnement. Cela a rapproché la Colombie de gouvernements progressistes, mais a également engendré des tensions avec des alliés traditionnels comme les États-Unis.

Les relations se sont détériorées après des différends sur les expulsions de migrants et des accusations de Trump, qui a qualifié Petro de « narcotrafiquant ». Malgré ces tensions, une rencontre entre les deux dirigeants a permis une certaine détente.

En somme, Gustavo Petro laisse un héritage complexe, oscillant entre réformes sociales et défis sécuritaires, alors que la Colombie se prépare à élire son successeur.

Source : France 24

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