Lutte anticorruption : l’Afrique avance à petits pas
À la veille de la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée ce samedi 11 juillet, la Fondation Mo Ibrahim a publié les résultats préliminaires 2026 de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) consacrés à la lutte contre la corruption sur la période 2016-2025.
Dans ce rapport, le Rwanda maintient sa position de leader africain en matière de lutte contre la corruption, un rang qu’il occupe depuis 2016. En 2025, le pays a enregistré un score de 76,6 points, en hausse de 2,6 points sur la décennie.
Les Seychelles affichent la meilleure performance du continent, avec une progression de 26,3 points entre 2016 et 2025, les propulsant à un score identique de 76,6 points, les plaçant à égalité avec le Rwanda.
L’île Maurice suit en troisième position avec 65,7 points, tandis que le Sénégal se classe quatrième avec 64 points, confirmant ainsi sa position parmi les pays les mieux notés d’Afrique de l’Ouest. Le Bénin complète le Top 5, précédant le Botswana et la Namibie.
La situation dans le Sahel
Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) montrent des trajectoires contrastées. Le Burkina Faso se distingue avec un score de 55,6 points en 2025, occupant la 10e place du classement africain. Il est classé dans la catégorie « Bouncing Back », indiquant une amélioration depuis 2021, bien que son score ne soit pas supérieur à celui du début de la décennie.
En revanche, le Mali et le Niger ne figurent pas parmi les dix premiers du classement et font face à des défis persistants en matière de gouvernance et de confiance citoyenne. Les tensions institutionnelles et sécuritaires continuent d’affecter leurs indicateurs de gouvernance.
Une amélioration fragile
Au niveau continental, le score moyen en matière de lutte contre la corruption a légèrement augmenté, passant de 38,6 points en 2016 à 39,1 points en 2025. Cependant, cette amélioration cache une réalité plus nuancée, avec des performances détériorées dans 28 pays africains, représentant environ 59 % de la population du continent. En parallèle, seuls 26 pays ont enregistré des progrès.
Une responsabilité collective
La Fondation Mo Ibrahim souligne que la lutte contre la corruption ne doit pas incomber uniquement aux gouvernements. Les entreprises, intermédiaires financiers et acteurs extérieurs doivent également assumer leur part de responsabilité pour renforcer la transparence et restaurer la confiance du public. Le rapport met en lumière un contraste entre les secteurs public et privé, où les progrès dans le secteur privé sont plus marqués, tandis que le secteur public reste largement stagnant.
Les principaux enseignements
La corruption demeure un obstacle majeur à la gouvernance et au développement en Afrique. Les progrès observés sont jugés insuffisants pour restaurer pleinement la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Les données complètes de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique 2026 seront publiées le 31 octobre prochain.
Source : Fondation Mo Ibrahim
