Droits de diffusion des matchs du Canadien de Montréal : une situation incertaine à deux mois de la saison
À l’approche du premier match préparatoire du Canadien de Montréal, prévu dans deux mois, la situation des droits de diffusion reste floue. En effet, 39 des 84 matchs de saison régulière de l’équipe n’ont pas encore de diffuseur désigné, et le nom du diffuseur pour les séries éliminatoires demeure également inconnu.
François Messier, ancien vice-président responsable de la programmation à RDS, souligne que « c’est une situation vraiment très particulière ». Selon lui, il est impératif que les négociations avancent rapidement pour officialiser la grille horaire et sécuriser les commandites.
Il est convaincu que TVA Sports est toujours dans la course pour obtenir ces droits, un investissement qu’il considère crucial pour la survie de la chaîne. Toutefois, la direction de TVA, une filiale de Québecor, a refusé de donner des mises à jour spécifiques, se contentant d’indiquer que les négociations sont « toujours en cours » et qu’« elles avancent bien », tout en précisant que le dossier demeure complexe.
Le Réseau des sports (RDS) a prolongé son contrat de diffusion pour plusieurs années, sans en préciser les détails financiers. RDS diffusera des matchs préparatoires et 45 parties en saison régulière, ce qui représente une baisse par rapport aux 60 matchs diffusés la saison dernière.
François Messier estime qu’il est probable que des plateformes numériques, telles que Prime Video ou Netflix, soient impliquées dans la diffusion des 39 matchs encore non attribués. Il ajoute que la recherche d’une équipe francophone pour couvrir les matchs ne devrait pas poser de problème majeur.
Rogers a récemment signé un contrat de 11 milliards de dollars avec la LNH, permettant à l’entreprise d’octroyer des sous-licences pour les droits de diffusion en français. Ce montant est le double de ce qu’elle avait payé lors de son contrat initial en 2013. Messier souligne que les droits francophones pourraient également valoir le double dans ce contexte.
Les chaînes spécialisées, dont TVA Sports, ont vu leurs pertes accumulées dépasser les 200 millions de dollars depuis leur création en 2011, ce qui pèse sur les résultats financiers du Groupe TVA. Les récentes performances du Canadien, notamment en séries éliminatoires, pourraient influencer les cotes d’écoute et, par conséquent, la rentabilité des chaînes de sport.
La situation actuelle soulève des questions sur la viabilité des chaînes sportives francophones face à l’évolution rapide des habitudes de consommation des médias.
Source : La Presse
