Les ultrasons, une alternative innovante pour traiter l’endométriose

Le CHU de Toulouse se positionne comme le deuxième établissement de santé en France à adopter l’utilisation des ondes HIFU pour traiter l’endométriose avec atteinte digestive. Cette technique, qui permet une intervention rapide et sans incision, offre un nouvel espoir pour les femmes souffrant de cette maladie invalidante.

L’intervention, d’une durée de quelques minutes, ne nécessite ni incision ni chirurgie lourde. À ce jour, trois patientes ont été prises en charge, sans complications urinaires ou digestives signalées. La récupération post-intervention a été rapide, sans impact sur la fertilité. Cette avancée fait suite à une étude menée par le professeur Gil Dubernard aux Hospices civils de Lyon, où plus de 150 patientes ont été traitées.

Le CHU de Toulouse, sous la direction de la professeure Élodie Chantalat et de ses équipes à l’hôpital Rangueil et sur le site de l’Oncopole Claudius-Regaud, propose désormais une prise en charge mini-invasive. Cette technique repose sur l’utilisation d’ultrasons, via une sonde introduite par voie endorectale. Les ultrasons ciblent spécifiquement les lésions, les chauffant pour entraver leur développement.

Une alternative à la chirurgie lourde

Les médecins soulignent que cette technique mini-invasive ouvre des perspectives prometteuses. Bien que la chirurgie demeure une option thérapeutique souvent nécessaire, il est crucial de proposer une alternative pour les patientes sélectionnées selon des critères précis. L’endométriose, maladie chronique caractérisée par la présence de tissus similaires à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, peut provoquer des douleurs intenses et des troubles digestifs, notamment chez 20 % des patientes atteintes.

Auparavant, en cas d’échec du traitement médical, la chirurgie classique durait entre deux et trois heures et pouvait entraîner des complications, y compris la nécessité d’une stomie temporaire. Cette nouvelle technique d’ultrasons permet d’éviter ces complications.

Un parcours de soins innovant

Le CHU de Toulouse renforce son dispositif de lutte contre l’endométriose avec le parcours de soins FastTrack, offrant une approche globale et personnalisée grâce à la collaboration de plusieurs services hospitaliers. Les patientes bénéficient d’un suivi coordonné, intégrant consultations spécialisées et programmes d’éducation thérapeutique. Ce dernier vise à aider les patientes à mieux gérer leur maladie au quotidien.

Un projet de recherche, Endotreat, a également été lancé pour développer de nouveaux modèles d’étude et identifier de futurs traitements. Ce projet, qui s’étendra sur trois ans, inclura 25 patientes et s’appuie sur un partenariat avec EndoFrance et d’autres acteurs de la santé.

La filière EndOccitanie, créée en novembre 2023, a pour objectif de structurer le diagnostic, les soins et le suivi des patientes atteintes d’endométriose, dans le cadre d’une coopération entre la ville et l’hôpital.

Source : CHU de Toulouse

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