Violences sexuelles liées aux conflits : appel à des sanctions renforcées à l’ONU
Mercredi à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a examiné les violences sexuelles liées aux conflits, sous la présidence de la République démocratique du Congo. Plusieurs pays ont plaidé pour un recours plus systématique aux sanctions ciblées contre les auteurs de ces crimes.
Lors de cette séance, un chiffre alarmant a été présenté : en 2025, les Nations unies ont vérifié 9 788 cas de violences sexuelles liées aux conflits, soit plus du double de l’année précédente, selon le rapport annuel de la représentante spéciale du secrétaire général, Pramila Patten. Ce rapport identifie 77 parties responsables de ces violences, dont la majorité sont des groupes armés non étatiques. Plus de 65 % de ces groupes figurent sur la liste des parties responsables depuis plus de cinq ans, sans avoir pris de mes pour mettre fin à ces actes.
Face à cette situation, plusieurs délégations ont appelé à un recours accru aux sanctions ciblées. Les États-Unis ont rappelé avoir sanctionné, en février, trois commandants des Forces de soutien rapide au Soudan, et en mai, des commandants du M23 et des ADF pour des violences commises dans l’est de la RDC. D’autres pays, tels que la France, l’Irlande, le Liberia, la Grèce, le Portugal et Malte, ont également soutenu l’idée d’utiliser davantage les régimes de sanctions du Conseil de sécurité.
La Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a souligné la nécessité de mobiliser les comités de sanctions contre les individus, groupes ou réseaux qui organisent, financent ou tirent profit de ces violences. Cependant, la Chine a mis en garde contre une politisation de ces mécanismes, tandis que la Russie a contesté la méthodologie du rapport, dénonçant un usage politique des listes établies par les Nations unies.
Source : RFI
