Singapour face à la montée de la radicalisation d’extrême droite chez les adolescents
Publié le : 01/05/2026 – 13:31
Avec notre correspondante à Bangkok, Juliette Chaignon
En Asie du Sud-Est, la radicalisation d’adolescents attirés par des idéologies d’extrême droite suscite des inquiétudes croissantes. À Singapour, quatre jeunes âgés de 16 à 18 ans ont été arrêtés depuis 2020 pour avoir planifié des attaques inspirées par ces idéologies. Parmi eux, deux visaient des mosquées, tandis qu’un autre, d’origine chinoise, se revendiquait comme suprémaciste blanc. Un jeune de 18 ans, arrêté l’an dernier, projetait une attaque contre la communauté malaise et les musulmans, se déclarant suprémaciste est-asiatique.
Cette tendance de radicalisation s’inscrit dans un contexte où l’attentat de Christchurch en 2019, qui a coûté la vie à 51 personnes, reste une référence marquante pour certains jeunes en Asie du Sud-Est. Malgré cette menace, aucune attaque n’a été recensée à Singapour, qui demeure un pays considéré comme très sûr.
La montée de l’extrême droite remet en question l’idéal d’harmonie de la cité-État, fondé sur la coexistence des communautés chinoise, indienne et malaise. L’idéologie d’extrême droite, principalement développée en Europe et en Amérique du Nord, trouve un écho chez certains jeunes, souvent via les réseaux sociaux et des forums en ligne peu modérés.
Une enquête de Reuters, publiée début mars, révèle que ces contenus s’adaptent au contexte local, utilisant des messages codés en anglais pour cibler des groupes tels que les Rohingyas musulmans ou les Chinois, tout en facilitant l’accès à des tutoriels pour la fabrication d’explosifs. Pour contrer cette menace, Singapour a mis en place un centre de réhabilitation, initialement créé pour lutter contre le jihadisme, désormais mobilisé contre l’extrémisme de droite.
L’Indonésie, pays voisin, est également touchée par cette problématique. Des religieux bénévoles, psychologues et éducateurs collaborent pour prévenir la radicalisation, soutenus par une législation stricte permettant la détention de personnes menaçant la sécurité nationale. Cependant, certains chercheurs estiment que cette menace a été sous-estimée pendant trop longtemps.
Cette montée du terrorisme d’extrême droite ne se limite pas à Singapour. En novembre dernier, un adolescent indonésien a blessé 96 personnes lors d’une attaque à la bombe inspirée de tueries de masse suprémacistes. Un adolescent russe a également publié un manifeste s’inspirant de cet événement.
Source : RFI
