Le monde de l’art est malade, lui aussi
À peine revenus de la semaine d’ouverture de la Biennale de Venise, une nouvelle préoccupante a frappé le monde de l’art : après 36 ans d’activité, la galerie Air de Paris a annoncé sa fermeture. Bien que d’autres galeries aient récemment fermé en France, Air de Paris se distinguait par son caractère institutionnel et son rôle dans l’évolution de l’art contemporain français.
Fondée par Florence Bonnefous et Édouard Merino, la galerie a vu le jour à la fin des années 1980 à Nice, avec un groupe d’artistes français tels que Philippe Parreno et Dominique Gonzalez-Foerster. Leur approche, qualifiée d’« anti-galerie », privilégiait la présentation artistique à la vente commerciale, mettant en avant des artistes pour leur proximité avec leurs convictions plutôt que pour leur potentiel commercial.
Leur première exposition, « Les ateliers du paradise », en 1990, a marqué les débuts de cette galerie innovante. Après plusieurs déménagements, dont un à Romainville en 2019, la galerie a finalement décidé de fermer ses portes, citant la fatigue, le manque de ressources financières et la maladie. Florence Bonnefous a déclaré : « Et le monde de l’art est malade, lui aussi. »
La Biennale de Venise, qui a longtemps été un phare de diversité artistique, semble également traverser une période de crise. En 1986, elle avait été saluée pour avoir présenté des artistes non occidentaux. En 2026, la liste des artistes sélectionnés par la commissaire Koyo Kouoh, décédée prématurément, ne comprenait aucun Italien, soulignant un changement significatif dans la représentation artistique. Cette édition sera marquée par un sentiment d’inachèvement et une impression de monotonie dans l’exposition, accentuée par une mise en espace peu claire.
Dans ce contexte, le monde de l’art semble s’éloigner de l’exigence de singularité qui caractérisait des espaces comme Air de Paris, soulignant une crise plus profonde au sein de la scène artistique contemporaine.
Source : Beaux Arts Magazine
