« Je ne veux plus être une victime » : son appartement est squatté, elle n’arrive plus à joindre les deux bouts, cette Niçoise a entamé une grève de la faim

Je ne veux plus être une victime : Bella Guilaine en grève de la faim pour sauver son appartement

Sur la pancarte, Bella Guilaine a résumé les raisons de sa présence devant le palais de Justice de Nice, ce mardi 7 juillet 2026 : « Grève de la faim. Seule avec mes quatre enfants, j’attends toujours le délibéré concernant le squatteur de mon appart. 3 ans et 2 mois que ça dure. Je n’en peux plus. » À 42 ans, cette Niçoise a choisi cette action radicale pour faire entendre sa voix.

Elle déclare : « Je ne veux plus être une victime, je veux me battre pour faire respecter mes droits et pour montrer à mes enfants qu’il ne faut pas accepter l’injustice. Alors, je jette mes dernières forces dans cette bataille. »

Bella Guilaine fait face à des difficultés financières majeures. Elle est propriétaire d’un appartement dont le locataire ne paie plus depuis 2023. Elle doit gérer un crédit de 617 euros en plus d’un loyer de 550 euros. « Je ne suis pas riche, j’ai économisé centime après centime pour me l’acheter quand j’étais jeune. Je n’ai plus de quoi vivre décemment. »

Des violences dans l’enfance et une volonté de s’en sortir

Pour Bella, ce logement représente bien plus qu’un simple toit ; il symbolise un combat pour se réapproprier son histoire et sa dignité après une enfance marquée par des violences. « J’avais 10 ans quand les huissiers ont débarqué pour saisir l’appartement familial. Ce soir-là, je me suis dit qu’il me faudrait quelque chose à moi plus tard. » À 15 ans, elle demande à être placée en foyer pour des raisons de sécurité. Elle a ensuite multiplié les petits boulots pour économiser et acheter son appartement, un grand studio dans le quartier des Musiciens.

Un dégât des eaux a rendu ce logement inhabitable pendant plusieurs années. Bella a trois autres enfants nés en 2014, 2018 et 2020, et a dû réaménager dans cet appartement il y a quatre ans après sa séparation. C’est à ce moment-là qu’elle fait la connaissance d’un homme qui, au départ, semble l’aider. « Je n’avais pas d’autre solution. Je l’ai hébergé quelques semaines juste avant de déménager. »

« Je n’en peux plus »

Bella raconte que cet homme, qui a commencé par payer un loyer, a ensuite cessé de le faire, ce qui a compromis la vente de son appartement. Elle se bat actuellement pour récupérer l’usage de son bien. « Le pire, c’est que le squatteur ne vit même plus là. Il refuse de me rendre les clés. Pendant ce temps-là, je m’enfonce dans les difficultés financières. »

Le tribunal a examiné son affaire le 9 février 2026, mais le délibéré a été repoussé à une date indéterminée. « J’ai subi des choses horribles dans mon enfance, je m’en suis sortie seule, je ne subirai pas plus longtemps cette injustice. » Pour protéger ses enfants, elle a choisi de commencer sa grève de la faim pendant leurs vacances.

« J’ai vu mon médecin qui a attesté de mon poids : 51 kg. Je suis prête à aller au bout pour qu’on m’entende enfin. »

Source : Nice Matin

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